Interrogée en fin d’interview sur la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir refusé de transcrire dans l’état civil français la filiation d’enfants né.e.s grâce à des mères porteuses à l’étranger, Najat Vallaud-Belkacem ne semblait pas très à l’aise. Après avoir précisé qu’il vaudrait mieux poser la question à la ministre de la Justice, la ministre de l’Éducation nationale a livré sa propre vision des choses (à partir de 20’20 environ).

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«Avoir des petits fantômes de la République, ce n’est pas une bonne chose, a-t-elle soutenu. Des enfants qui ne se voient reconnaître aucun état civil, aucune nationalité, alors que le choix de leurs parents n’est pas le leur… Ces enfants n’y sont pour rien, est-ce qu’ils ont choisi les conditions de leur naissance? Moi, je pense que nous devrions protéger les enfants, tous les enfants, donc leur accorder un état civil et une nationalité, ça me paraît évidemment une mesure de protection.»

Précisons que les enfants en question disposent généralement de la nationalité de leur gestatrice. Mais comme l’a fait remarquer la CEDH, le fait que leurs parents d’intention ne soient pas légalement reconnus en France pose de nombreux problèmes pratiques et entrave le développement identitaire de ces enfants. S’il ne s’est pas exprimé sur le sujet depuis la décision de la CEDH, François Hollande avait néanmoins indiqué pendant la campagne électorale de 2012 qu’il était favorable à la transcription dans les registres de l’état civil français de la filiation des enfants né.e.s d’une GPA à l’étranger.

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