Malgré quelques messages malveillants de l’extrême droite sur les réseaux sociaux, le premier Congrès sur les études de genre en France, qui a eu lieu à l’ENS Lyon du 3 au 5 septembre, s’est tenu dans de très bonnes conditions, se réjouit Anne Emmanuelle Berger, directrice de l’Institut du Genre. «Le comité d’organisation et les participant.e.s ont été frappé.e.s par l’esprit de recherche et de cordialité, indique-t-elle. C’est un champ de recherche avec des enjeux politiques et idéologiques parfois compliqués et contradictoires, mais on ne peut que se féliciter de la qualité des débats et du dialogue dans une atmosphère très harmonieuse.»

Autre point de satisfaction: la présence de plusieurs jeunes chercheurs/ses, «un bon signe pour l’avenir», prédit Anne Emmanuelle Berger, qui a également constaté que de plus en plus de disciplines se sentent concernées par les études de genre. «Cela fait déjà quelques années que ce champ de recherche est en voie de légitimation, mais le Congrès a fait la démonstration de son ampleur, ainsi que de la capacité et du désir des chercheurs/ses de créer un dialogue entre les disciplines et entre les conceptions du genre».

Elle-même universitaire, elle insiste sur cette disparité dans les approches: «Les études de genre ne répondent pas à une doctrine ou une théorie, souligne-t-elle. Il y a des divergences comme dans n’importe quel champ de recherche. Mais celui-ci est en prise avec le contemporain et il aide à penser le monde qui vient.» Compte tenu de la charge d’organisation que représente un tel congrès, il est probable que le prochain aura lieu dans 4 ans.

Les podcasts de certaines interventions sont déjà disponibles. C’est notamment le cas de quelques prises de parole recueillies par le labo GenERe sur la bande dessinée et le genre.

Photo Jordane Dubreuil-Tuffery