Trois associations LGBT chinoises ont fait parvenir à 112 grandes universités une lettre ouverte dans laquelle elles demandent aux chefs d’établissements de garantir le respect et la protection des étudiant.e.s LGBT. «Nous encourageons les directeurs/trices des différentes universités à jouer un rôle positif dans l’éducation de l’égalité des genres, à accepter les demandes basiques des étudiant.e.s issu.e.s des minorités sexuelles, incluant les homos, les bisexuel.le.s et les trans’», réclament China Same Sex Love (CSSL), LGBT Rights Advocacy China, et Justice for All.

En plus de réclamer que les universités donnent leur autorisation pour la création de clubs et d’associations LGBT, les associations veulent un réel engagement contre le harcèlement: «Quand des étudiant.e.s homos se retrouvent face à des harceleurs/euses, merci de garantir leurs droits et de leur offrir un soutien psychologique. Quand le règlement de l’université viole les droits des étudiant.e.s homos, ayez le courage d’opérer des changements.»

En outre, certains enseignements continuent de perpétuer une image négative des homos, comme le montre une récente étude menée par la Gay and Lesbian Campus Association in China (GLCAC), qui a inspecté 90 manuels scolaires de psychologie publiés après 2001. Près de la moitié de ces livres continuent de considérer l’homosexualité comme une maladie, malgré son retrait de la liste des maladies mentales. De plus la moitié affirmait que l’homosexualité peut être guérie et 57% qu’elle peut être classée en trois catégories (réelle, simulée, ou psychologique).

«La visibilité est encore très faible sur les campus chinois, explique le directeur de la GLCAC, alors ce qu’affirment ces manuels affectera directement l’acceptation de leur identité par les étudiants LGBT, ainsi que les attitudes des professeurs et des étudiant.e.s envers l’homosexualité.»

Les associations comptent bien obtenir une réponse des universités contactées. «Si elles échouent à nous répondre, nous chercherons des informations en provenance de ces établissements, pour voir s’il y des discriminations dans leurs règlements», explique Xiang Xiaohan, militant et fondateur de CSSL.

Photo Fanghong