Dans la gamme des antirétroviraux destinés à lutter contre le VIH, les traitements en une prise par jour sont parmi les plus prescrits. Facilité de prise, meilleure observance du traitement expliquent que les médecins et les patient.e.s privilégient la simplicité, à efficacité comparable.

En France, c’est la trithérapie contenue dans Atripla qui tient encore le haut du classement. Mais l’homologation d’une nouvelle combinaison pourrait changer la donne. Le laboratoire ViiV Healthcare a en effet obtenu l’Autorisation de mise sur le marché par la Commission européenne de Triumeq, une combinaison de trois molécules anti-VIH, réunies en un comprimé à prise unique quotidienne.

Ce traitement contient une anti-intégrase comme Stribild (lancé en mars dernier par Gilead). Il s’agit d’une classe de médicaments assez récente et très efficace (aussi commercialisée par Merck avec Isentress). D’ailleurs, les études destinées à l’AMM de Triumeq ont montré une meilleure efficacité de cette combinaison comparée à Atripla, le leader actuel. Au bout de 96 semaines de traitement, 80% des participants au traitement avec Triumeq avaient une charge virale indétectable contre 72% des participants qui prenaient Atripla. La mesure de la charge virale permet de connaître l’efficacité d’un traitement. Plus elle est basse, plus le traitement est efficace. On dit qu’elle est indétectable lorsque les appareils de mesure ne peuvent plus la quantifier. Mais soulignons qu’aucun traitement, aussi efficace soit-il, n’a réussi à éradiquer le virus.

La date précise de mise sur le marché de Triumeq en Europe n’est pas encore connue, mais elle devrait intervenir très prochainement. L’immense majorité des malades, qui résident dans les pays du Sud, n’auront pas accès à ces nouvelles molécules, dont le prix est très élevé, avant de nombreuses années.

Illustration Fabien Guénot