aff jerk off 7eÀ partir du 11 septembre et jusqu’au 27, le festival Jerk Off, festival pluridisciplinaire des cultures queer et alternatives, propose une sélection riche et pointue d’expositions, de performances, de concerts et de cabarets, dans plusieurs salles parisiennes et de la proche banlieue. Cette septième édition poursuit les questions et les thèmes déjà abordés au cours des années passées: «Nous allons continuer à triturer les problématiques du corps, de l’identité», assure le programmateur David Dibilio, contacté par Yagg. Le festival s’ouvrira par le vernissage de l’exposition de la photographe et plasticienne Dorothée Smith le 11 septembre. À ne pas manquer ensuite, la soirée Il Faut Qu’on Parle, organisée par Wendy Delorme et Isabelle Sorente au Point FMR, ou encore K-Barré Apoca-Lipstick, co-produit par le collectif Barbi(e)turix, avec Barbara Mavro et Lydia Lunch au Cabaret Sauvage.

CONTRE UN RÉTRÉCISSEMENT DES ESPRITS
Au vu du contexte actuel, où les œuvres culturelles et les spectacles qui touchent de près ou de loin aux questions de genre déchaînent passions et crispations, un événement comme le festival Jerk Off voit-il son existence menacée? «Avant même de pouvoir dire que le festival est en danger, on constate déjà qu’il existe très peu d’événements comme Jerk Off, qui est véritablement un espace de liberté, explique David Dibilio. Dans la programmation, il y a par exemple (nou) de Mathieu Hocquemiller, qui est une performance très explicite, interdite aux moins de 18 ans. C’est un spectacle qu’on ne peut pas présenter partout, et nous sommes justement très fier.e.s de pouvoir le montrer.

«Aujourd’hui, Jerk Off n’est pas en danger, ni menacé, on ne nous a pas retiré de subventions. Nous avons vécu une période difficile, qui se poursuit encore actuellement, où l’on assiste à un rétrécissement des esprits. Nous ne sommes pas en danger, mais nous ne devons pas attendre de l’être pour continuer à faire vivre des événements comme celui-ci. Au fil des années, il va devenir de plus en plus important d’en avoir.»

NE PAS RESTER DANS UN ENTRE-SOI
En présentant des spectacles et des performances qui sortent des sentiers battus, l’équipe organisatrice parvient-elle à toucher des publics au-delà de la communauté queer? David Dibilio affirme que c’est même un axe fondamental du festival: «Il y a une vraie volonté de faire se rencontrer différents publics, c’est notamment pour cela que certains spectacles ont lieu dans des salles qui ne sont identifiées comme queer. Mais le meilleur exemple reste le live. C’est dans les concerts que l’on va réussir à avoir une vraie mixité. Cette année par exemple, nous avons programmé la chanteuse Ebony Bones, qui permettra d’avoir un public très varié. C’est là aussi tout l’intérêt du Jerk Off, celui de ne pas rester dans un entre-soi.»

Voir toute la programmation du festival.

Photos Dorothée Smith / Carruzzo & Lenthéric / Mathieu Hocquemiller