C’est une loi assez similaire à celle que le président ougandais Yoweri Museveni a promulguée début 2014 (et qui a depuis été jugée contraire à la Constitution) qui a été adoptée par les député.e.s de la Gambie en août dernier. Elle criminalise elle aussi les relations sexuelles entre personnes de même sexe, et condamne les personnes reconnues coupables d’«homosexualité aggravée» à la perpétuité, dans le cas où l’accusé.e serait séropositif/ive ou aurait eu des relations sexuelles avec un.e mineur.e. Avant cet amendement auquel seulement deux parlementaires se sont opposés, l’homosexualité était déjà passible de 14 ans de prison.

La loi n’attend plus que la promulgation du chef de l’État, Yahya Jammeh (photo). Au vu de ses déclarations d’une violence inouïe en février dernier, il y a fort à parier qu’il n’hésitera pas à valider cette mesure homophobe: «L’homosexualité ne sera jamais tolérée, et déclenchera même la peine ultime, puisqu’elle a pour but de mener à la déshonorante extinction de l’humanité. Nous combattrons cette vermine faite de ce qu’on appelle les homosexuels ou les gays, de la même manière que nous combattons les moustiques porteurs de malaria; si ce n’est même avec plus d’agressivité. Nous n’accepterons donc aucune amitié, ni aide, ni autre geste qui impliquerait l’aide d’homosexuels ou de LGBT (…). En ce qui me concerne, LGBT ne peuvent être que les initiales de Lèpre, Gonorrhée, Bactérie et Tuberculose; lesquelles sont toutes nuisibles à l’existence humaine.» Selon Amnesty International, cette loi sur l’homosexualité risque d’accroître le climat de peur et les discriminations que subissent déjà les gays et les lesbiennes en Gambie.

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