Plus que quelques heures avant la première diffusion publique de The Imitation Game, le film dans lequel Benedict Cumberbatch incarne le mathématicien gay Alan Turing et qui doit être présenté ce mardi 9 septembre au Festival international du film de Toronto. C’est à cette occasion que l’acteur britannique s’est longuement confié à Daily Beast au sujet de l’homophobie qui régnait dans les années 50 mais qui reste bel et bien présente aujourd’hui encore.

«PÉDÉS!»
Benedict Cumberbatch a ainsi considéré que c’est peut-être à cause de son homosexualité refoulée que Lord Tom McNally, ancien leader des Libéraux Démocrates à la Chambre des Lords, a tué dans l’œuf la pétition remise en 2012 pour qu’Alan Turing soit gracié. Ce fut finalement fait en décembre 2013. De l’histoire du mathématicien, l’acteur tire des leçons pour notre époque. Il souligne par exemple qu’hier comme aujourd’hui, «dès que des difficultés se présentent, les minorités servent immédiatement de bouc émissaire, comme c’est le cas avec les homosexuel.le.s en Russie ou en Grèce avec Aube Dorée».

Élevé dans un pensionnat non-mixte, il fut lui-même témoin de scènes d’homophobie, comme une course-poursuite lancée à l’encontre de deux garçons qui avaient partagé le même lit. «J’avais 18 ans. […] J’ai entendu des pas martelant le sol, puis une meute qui leur fonçait dessus en criant: “Branleurs! Pédés!”, et je me suis demandé ce qui se passait. J’ai posé la question à quelques garçons qui revenaient de leur traque à bout de souffle: “Qu’est-ce que vous faites, abrutis?” Ils m’ont tout raconté et je leur ai dit: “Toi, tu es sikh, toi, t’es juif et toi tu viens du Kenya. Vous voulez pas juste vous asseoir pour qu’on parle des choses que vos peuples ont dû subir à cause de la religion, de la race, des croyances ou de la couleur de peau? Putain!”»

UNE FEMME À LA MAISON BLANCHE?
Pour lui, pour que les sociétés occidentales évoluent dans le bon sens, il faudrait que les États-Unis aient «une femme pour présidente, puis un.e homo». Cela permettrait de faire mentir les paroles d’America Is Not The World, interprétée par Morrissey en 2004 et dans laquelle le chanteur britannique se rit de l’Amérique, cette «terre des hommes libres […] où le président n’est jamais noir, de sexe féminin ou homo». La candidature de plus en plus probable d’Hillary Clinton pourrait être le signe que Benedict Cumberbatch attendait. Et en attendant la prochaine élection présidentielle américaine, il sera possible d’aller voir The Imitation Game à partir du 28 janvier 2015 au cinéma.

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