Si la présidente de la «Manif pour tous Loire-Atlantique» France de Lantivy assure qu’elle n’a pas émis de «menace», elle a malgré tout envoyé un courrier intimidant aux 1048 chefs d’établissement de Loire-Atlantique en juillet, rapporte France Info.

TRANSPHOBIE
Le but? «Éveiller les équipes pédagogiques en disant attention, nous allons être vigilants aux ouvrages que vont manier nos enfants par votre biais, par rapport aux spectacles qui vont être donnés, aux films, à tous les outils pédagogiques parce qu’on dénonce cette théorie du genre qui pour nous est un mensonge», a-t-elle avancé. La lettre dénonce notamment la lecture de l’ouvrage pour enfants Tango a deux papas à une classe de moyenne section, ce qui serait «inacceptable».

L’homoparentalité n’est pas le seul problème de la «Manif pour tous» qui veut aussi taire l’existence des personnes trans’. «La théorie du genre, c’est quand on vient mettre un mensonge dans l’esprit des enfants en disant: “Tiens, voilà, toi, petit garçon, en fait, tu n’es pas forcément un petit garçon, mais tu peux aussi être une petite fille”», a expliqué France de Lantivy. D’après son compte Twitter, celle-ci a milité contre la diffusion du film Tomboy dans les écoles et estime que la libre circulation des travailleurs/ses en Europe serait un complot du «lobby LGBT» pour imposer la reconnaissance de l’ouverture du mariage à l’ensemble du continent.

«FANTASMES»
Les responsables éducatifs locaux ont réagi à ce courrier en donnant tort à la «Manif pour tous». «Les enseignants n’ont pas à être sous surveillance, a répliqué William Marois, le recteur de l’académie de Nantes. Ils enseignent les principes de la République, loin des fantasmes développés dans ce courrier par quelques groupes.» Même position du côté de Thierry Chouquet, le principal du collège Salvador-Allende à Rezé, qui se dit «assez mécontent» d’avoir reçu un tel courrier. «On a le sentiment d’être sous une éventuelle surveillance en dehors de tout cadre légal. On a l’impression qu’il se passera quelque chose si ces organisations estimaient qu’on ne fait pas notre travail. Je serais bien incapable d’enseigner la théorie du genre et je pense que les enseignants de nos établissements, pour eux c’est quelque chose qui n’existe pas.»

Photo JLPC