Durant toute l’année 2013, , soit en plein pendant les débats sur l’ouverture du mariage pour tous en France, une enquête a été menée auprès de 10000 étudiant.e.s français.e.s, belges et italien.ne.s par Salvatore d’Amore, enseignant-chercheur de l’université de Liège, sur le regard que portent les jeunes hétérosexuel.le.s sur les unions des couples de même sexe et sur l’homoparentalité: «L’objectif était de comprendre les facteurs qui s’associent aux attitudes favorables ou défavorables envers l’homosexualité, le mariage homosexuel et l’homoparentalité: genre, traditionalisme lié aux rôles homme/femme, religiosité, appartenance politique et degré de contact avec les personnes, les couples et les parents homosexuels.» Les résultats de cette étude ont été rendus publics en juillet dernier, et montrent que les jeunes adultes hétéros sont globalement très favorables à l’égalité.

DES CORRÉLATIONS RÉCURRENTES
Sur une échelle de 1 à 6, les personnes interrogées ont dû notamment décrire leur acceptation du mariage pour les couples de même sexe: en Belgique, 92,5% des femmes et 79% des hommes ont déclaré.e.s y être favorables, tandis qu’en Italie 90,4% des femmes et 79,4 des hommes ont affirmé soutenir l’ouverture de ce droit. En France, 89,3% des femmes et 74,5 des hommes ont répondu positivement.

Au total, plus de 75% des jeunes adultes hétérosexuel.le.s interrogé.e.s soutiennent le mariage pour tous. Concernant l’homoparentalité, les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes à déclarer approuver ces nouveaux modèles familiaux. Par ailleurs, les mêmes corrélations ont été observées dans les trois pays, à savoir que le conservatisme politique et la religiosité sont liés à un soutien moindre à l’ouverture des droits, et que les femmes sont clairement plus favorables que les hommes aux avancées en faveur des couples de même sexe et des familles homoparentales. De plus, une plus grande religiosité et l’expression d’une vision traditionnelle et stéréotypée sur les rôles des hommes et des femmes conduisent à une moindre acceptation des personnes homo- et bisexuelles en général, du mariage des couples de même sexe et de l’homoparentalité. Enfin, connaître des personnes gays, lesbiennes ou bisexuelles amène aussi à une plus grande acceptation.

VERS UNE DIMINUTION DES STIGMATES ET DES PRÉJUGÉS
Contacté par Yagg, Salvatore d’Amore confirme que ces résultats sont très encourageants: «Il s’agit de chiffres positifs, voire très positifs par rapport à l’ouverture des jeunes générations vis à vis des couples et des parents homos. La forte acceptation dont ont fait preuve les étudiant.e.s sondé.e.s suggère que les stigmates sociaux et les préjugés historiques relatifs à l’homosexualité ont tendance à grandement diminuer dans ces pays. Nous ne nous attendions pas à une si grande acceptation de la part des participant.e.s.» Sans oublier que ce sont justement ces jeunes adultes qui deviendront à leur tour les «leaders et décideurs sociaux et politiques, à la fois dans leurs pays respectifs et à l’échelle de l’Union européenne».

Photo Francisco Osorio