[mise à jour, 16h23] Précision de la date de lancement de la campagne de SOS homophobie.

Alors que 12 millions d’élèves (écolièr.e.s, collégien.ne.s et lycéen.ne.s) font leur rentrée cette semaine en France, SOS homophobie souhaite une année scolaire «plus apaisée que celle écoulée pour les jeunes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans (LGBT), ou celles et ceux perçu.e.s comme tel.le.s». «L’actualité de ces derniers mois a mis en évidence un relent d’homophobie et de transphobie au sein de la société française qui a pu s’exprimer sans complexe dans l’espace public et sur les réseaux sociaux, dénonce l’association dans un communiqué. À coup de polémiques stériles et de commentaires nauséabonds, l’agitation de groupes minoritaires et extrémistes ne semble avoir pour but que d’effacer du fronton de nos écoles une des valeurs fondamentales de notre République: l’Égalité.»

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’école est le premier exemple de la nouvelle campagne de SOS homophobie qui sera lancée le 16 septembre.

L’association rappelle que selon son dernier rapport, les témoignages d’adolescent.e.s ont augmenté de 80% en 2013: «Toujours difficiles à vivre pour celles et ceux qui les subissent, les LGBT-phobies peuvent prendre une dimension plus destructrice encore lorsqu’elles touchent les adolescent.e.s, leur identité personnelle étant encore en construction». Insultes, harcèlement, coups, pression psychologique reviennent régulièrement dans les témoignages sur le milieu scolaire, menant parfois à un repli sur soi, un échec scolaire, voire des tentatives de suicide.

«Dans ce contexte, nous espérons que dans les mois à venir, une politique active de lutte contre les LGBTphobies sera mise en place à l’école, comme le préconisait il y a plus d’un an Michel Teychenné dans son rapport Discriminations LGBTphobes à l’école, état des lieux et recommandations, insiste l’association. Elle est aujourd’hui nécessaire pour prévenir le désarroi des jeunes lesbiennes, gays, bi.e.s et trans’, et plus largement, pour combattre avec force la haine et le rejet dont sont encore victimes les personnes LGBT.»

Dans son rapport, Michel Teychenné recommandait notamment de cibler désormais le collège (lire Vincent Peillon reçoit le rapport sur la lutte contre l’homophobie et la transphobie à l’école). «Les interventions en milieu scolaire ont plutôt lieu au lycée et les élèves y ont déjà pris conscience de leur orientation sexuelle, soulignait-il. Mais c’est entre 12 et 15 ans que la compréhension de sa différence se révèle, qu’on est fragilisé et qu’il faut donc une école inclusive.»

Si le rapport semble être tombé dans l’oubli – depuis sa remise, deux ministres ont succédé à Vincent Peillon: Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem –, les interventions en milieu scolaire, elles, ont fait leurs preuves:

«Dans le questionnaire anonyme que nous distribuons dans les classes à l’issue de nos interventions, 93 % des élèves estiment que nos échanges leur permettent de mieux comprendre ce que sont l’homophobie, la biphobie et la transphobie, et 84 % qu’ils sont utiles pour faire avancer le respect envers les personnes LGBT. C’est bien cela que l’on espère en intervenant dans une classe: ouvrir les adolescent.e.s sur la différence et la diversité, construire un monde de respect et de tolérance, et donner à chacune et à chacun la liberté de vivre sa vie quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre.»

Photo SOS homophobie

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