«On s’attendait maximum à 200 personnes pour notre premier Congrès des études de genre en France, explique à Yagg Anne Emmanuelle Berger, enseignante à l’université Paris VIII et directrice de l’Institut du Genre. Mais on a reçu 700 propositions de communications. Nous avons dû faire une sélection et nous accueillerons plus de 300 intervenant.e.s et 250 personnes dans le public. C’est un grand succès qui révèle une forte vitalité de la recherche sur le territoire national.»

L’organisation de ce congrès est prévue depuis l’automne dernier, avant que la polémique connaisse son apogée à l’occasion de la «journée de retrait de l’école». Selon Anne Emmanuelle Berger, le fait que cette rencontre ait lieu est la suite logique de «l’institutionnalisation des études de genre». En 2012, le CNRS a créé l’Institut du Genre, qui a noué des partenariats avec plus de 30 partenaires institutionnels disséminés dans plusieurs universités. Le congrès, qui débutera à l’École Normale Supérieure de Lyon demain, mercredi 3 septembre, et prendra fin vendredi, a pour objectif de «rassembler les chercheuses et les chercheurs pour créer des échanges et de dresser un état des lieux de la recherche».

Mais en France, aujourd’hui, le mot «genre» fait peur, au point que le gouvernement en a fait un terme tabou. Et sur les réseaux sociaux, la nébuleuse des anti-«djender» s’insurge contre la tenue de ce congrès. «Nous ne sommes pas dans l’hystérie, commente fermement Anne Emmanuelle Berger. La sécurité a été prévenue et il est possible que des individus essaient de troubler le déroulement du congrès mais rien ne semble l’indiquer pour l’instant.» Si le contenu des séances plénières et des ateliers vous intéresse, sachez que certains éléments seront mis en ligne à l’issue du congrès. Le programme en ligne permet déjà de consulter des documents relatifs aux différents thèmes qui seront abordés pendant ces trois jours.