La bénédiction des couples de même sexe est une question sensible que les églises protestantes françaises de tradition luthéro-réformées ne parviennent pas à trancher. Les plus libérales y sont favorables, les plus conservatrices y sont opposées, mais c’est le débat qui l’emporte encore dans la plupart des paroisses. Depuis six mois, l’Église protestante unie de France (EPUDF) a demandé aux paroissien.ne.s de faire part de leur avis sur cette question. Leurs remarques et positions seront relayées au sein de synodes régionaux prévus en novembre. Eux-même précéderont un synode national qui doit avoir lieu en mai 2015.

PAS DE CONSENSUS LARGE
«Sur l’ensemble des paroisses de région parisienne, seules trois ou quatre se sont prononcées de manière monolithique pour la bénédiction des couples de même sexe, le même nombre contre, les autres faisant état d’un débat interne qui ne laisse pas émerger, à ce jour, de réponse évidente», rapporte La Croix. Devant cette incertitude, plusieurs scénarios sont envisagés. L’organisation pourrait se prononcer favorablement envers ces bénédictions, tout en laissant aux pasteurs qui le souhaitent la possibilité de ne pas les célébrer. Mais cela provoquerait trop de débats au sein même des paroisses, redoutent certain.e.s. D’autres envisagent de se contenter pour l’heure du statu quo en attendant qu’une vision plus claire se dégage.

C’est en tout cas l’option qu’a choisie l’Union régionale des églises luthériennes et réformées d’Alsace, réunie ce week-end pour en discuter. Une «forte majorité» des participant.e.s a décidé de surseoir dans la mesure où il n’a pas été possible de dégager un consensus large sur cette question. Il faudra attendre au moins trois ans avant que soit envisagé un nouveau débat, indique l’AFP. D’ici là, c’est une position prise en 2004, qui prévaut. La Communion protestante luthéro-réformée avait alors estimé qu’il n’est «pas opportun d’envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel». L’Union régionale veut toutefois proclamer «son attachement fondamental à l’accueil inconditionnel en Église de tout être humain» et son souhait de «combattre toutes formes de discrimination, notamment homophobe».

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