JD Samson a une petite dent contre Internet et ses conséquences pour la communauté LGBTQI. Dans une longue tribune instrospective publiée lundi 23 juin sur Creative Time Reports, l’ancienne musicienne du groupe électro-rock féministe Le Tigre et de MEN regrette les divisions qui minent la communauté, exacerbées sur la toile, alors que, justement, le mois de la fierté LGBT doit permettre de commémorer la convergence des luttes LGBT et de discuter des nos réalités lesbiennes, gays, bi.e.s, trans’, queers et intersexes de manière apaisée.

En piochant dans ses souvenirs de gay pride, elle explique: «Peu importe le sous-ensemble de la population queer dont on faisait partie, la marche était l’endroit pour réaliser qu’on faisait partie de quelque chose de beaucoup, beaucoup plus grand, et que nous avions tou.te.s quelqu’un d’autre derrière nous. Mes expériences de Pride ont toujours représenté plus qu’une simple fête.»

Or, depuis l’avènement d’Internet, JD Samson est envahie par la peur: peur des attaques, des commentaires, des menaces, des divisions engendrées par l’anonymat. Et même si elle reconnaît la puissance du medium pour se construire en communauté. «Malheureusement, on ne discute pas assez de nos succès en tant qu’équipe, ajoute-t-elle. La plupart du temps, ce que je lis relève de nos divisions – entre générations, entre identités de genre (…) – de la façon dont nous sommes de plus en divisé.e.s en sous catégories du grand ensemble que nous étions. Nous ne célébrons pas assez nos luttes réussies et collectives».

Et de conclure, avec espoir: «Oui, il y a encore beaucoup à faire en tant que communauté. Débarrassons-nous de la binarité du genre, faisons en sorte que les jeunes LGBTQI ne se retrouvent pas sans foyer, faisons en sorte que les lois contre les crimes haineux prennent en compte l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans chaque État. Oui! Mais ne pouvons-nous pas défiler avec le sourire en étant des milliers à se tenir par le bras? Ne pouvons-nous pas y parvenir dans la rue, et pas juste par une adresse URL? Parce que nous sommes plus nombreux/ses, nous avons plus de pouvoir – et de droits. Nous avons plus de mégaphones. Plus d’oreilles. Et le plus important, nous avons plus de cœurs. Mais cela signifie-t-il qu’on est en train de #gagner?».

À lire sur Creative Time Reports.

Photo Sylvia McFadden