Ainsi qu’il l’avait indiqué pendant la campagne des législatives, le Premier ministre italien Matteo Renzi a confirmé cette semaine dans La Repubblica que les parlementaires italien.ne.s discuteront à partir du mois de septembre d’un projet d’union civile pour les couples de même sexe. Ce partenariat, inspiré des modèles britannique et allemand et réservé aux couples homosexuels, contiendrait les mêmes droits et devoirs que le mariage, mais il ne serait possible d’adopter que les enfants de son/sa conjoint.e.

SÉGRÉGATION?
«Qu’est-ce que ça voudrait dire de tout permettre sauf le droit à l’adoption?, s’était interrogée l’ex-députée trans’ Vladimir Luxuria en décembre. Ce serait comme de dire, comme à Rosa Parks, vous pouvez prendre le bus mais vous devez céder la place aux blanc.he.s.» Citée par L’Espresso, la présidente de l’Association des familles homoparentales Giuseppina la Delfa estime quant à elle que c’est une «contradiction» qui a poussé le Premier ministre à maintenir une distinction entre les couples de même sexe et les autres: «Comment expliquer à ma fille que nous, nous avons une union civile, mais que les autres peuvent se marier?»

«Dans un monde parfait, j’aurais voulu que les couples homosexuels aussi puissent se marier en Italie, mais il vaut mieux avoir les unions civiles maintenant», a concédé dans La Repubblica Ivan Scalfarotto, vice-président ouvertement gay du Parti démocrate. Lui qui avait milité pour le vote d’une loi anti-homophobie – aujourd’hui coincée au Sénat, constate Life Site News – espère que le débat sur l’union civile permettra de revenir sur ce sujet et que les couples qui se sont mariés à l’étranger pourront voir leur union reconnue comme une union civile.

D’autres ne se résignent pas: Francesco Lupo, un militant gay du Mouvement 5 étoiles, estime quant à lui que l’ouverture d’une union civile réservée aux couples homos ne fait que perpétuer une forme de ségrégation. Mais pour le sociologue catholique et conservateur Massimo Introvigne, Matteo Renzi a en réalité une stratégie sur le long terme. En s’inspirant du Royaume-Uni, le Premier ministre voudrait accorder de plus en plus de droits aux couples unis civilement, en sorte qu’il deviendra à terme absurde de maintenir une distinction entre mariage et union civile.

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