«Sauter le pas de l’infidélité n’est pas une démarche anodine pour une femme, explique Solène Paillet, porte-parole de Gleeden, dans un communiqué. Cette décision est le fruit d’une longue réflexion psychologique pendant laquelle elle prend conscience de ses vrais désirs. Mais une fois cette étape passée, elle est beaucoup plus disposée à faire tomber d’autres tabous et à tenter de nouvelles expériences, telle que l’homosexualité. Souvent enfermée dans son rôle de mère et d’épouse, elle découvre grâce à Gleeden un territoire jusqu’alors inexploré de sa sexualité et ose enfin assumer ses envies.» Eh non, ceci n’est pas de la fiction, même si ça ressemble beaucoup à ce que vivent Géraldine Nakache et Alice Taglioni dans Sous les jupes des filles.

«TRANSGRESSER UN TABOU»
C’est à l’occasion de la «Gay Pride» que le site de rencontres extraconjugales s’est penché sur «ces femmes qui, au cours de leur mariage, se découvrent une attirance homosexuelle et choisissent de vivre une aventure extra-conjugale avec une autre femme». Pour les besoins de cette enquête, 879 femmes ont été sondées. Toutes ont coché la case «mariée» lors de leur inscription et Gleeden a donc considéré qu’elles étaient toutes hétérosexuelles et mariées à des hommes. «Le fait que des femmes puissent être mariées avec des femmes n’a pas été pris en compte», concède à Yagg Solène Paillet. Et dans la mesure où l’orientation sexuelle n’est pas renseignée, le fait que les femmes inscrites puissent être lesbiennes ou bi.e.s n’a pas été pris en compte non plus. «Cela introduit un biais», reconnaît la porte-parole du site. Mais bon, passons.

Le plus croustillant, ce sont encore les motivations qui ont été prêtées aux femmes qui ont répondu à ce sondage. Solène Paillet précise qu’elles avaient la possibilité de cocher plusieurs réponses. Pourquoi ont-elles «sauté le pas de l’homosexualité» (ou plutôt de la bisexualité)? Pour celles qui ont finalement tranché la shakespearienne interrogation du «to bi or not to bi», il s’agissait de «briser la routine, de pimenter le quotidien», comme l’indiquent 79% d’entre elles. Viennent ensuite la possibilité «de découvrir une autre facette de la sexualité» (74%), «d’essayer quelque chose de nouveau» (60%), de «transgresser un tabou, de se libérer des conventions sociales» (54%) et de «réaliser un fantasme» (39%). En revanche, le fait que ces femmes puissent être attirées par d’autres femmes n’est pas envisagé.

gleeden

«Les raisons qui poussent les femmes mariées ou en couple à vivre une aventure homosexuelle semblent être concomitante d’une libération progressive des mœurs et une tendance à se recentrer sur soi-même, peut-on lire dans le communiqué de Gleeden. On est davantage à l’écoute de ses propres désirs et l’on souhaite vivre de nouvelles expériences, des sensations fortes.» Devant de telles considérations, on ne peut qu’applaudir les femmes pour qui avoir une relation avec une autre femme n’a rien d’une aventure exotique et qui vivent au quotidien des situations extrêmes tout en s’affranchissant des normes sociétales. Chapeau!

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