Le 17 juin dernier, la cantatrice et députée du parti au pouvoir Russie Unie Maria Maksakova a surpris ses collègues de la Douma en critiquant ouvertement, depuis la tribune, le texte de loi «anti-propagande homosexuelle» adopté il y a un an de cela, en juin 2013. Interviewée le 19 juin par Anton Krasovsky, premier journaliste russe à avoir fait son coming-out en direct à la télévision, pour Snob.ru, la parlementaire a réaffirmé son opposition à une loi qu’elle regrette aujourd’hui, entre franc-parler et langue de bois.

«Je commencerai par rappeler que cette fameuse “loi sur la propagande de l’homosexualité” a été adoptée en grande hâte et dans l’agitation», lâche-t-elle d’abord à son interlocuteur. Plus loin, elle ajoute:

«Il m’a semblé qu’il était temps que tous se convainquent que l’adoption de cette loi était une faute. Je suis certaine que personne n’avait prévu une telle résonance. Et absolument persuadée que beaucoup ont regretté.»

Et d’attaquer sèchement le député de Russie Unie auteur de la loi: «Milonov me paraît tout simplement odieux. Pardonnez-moi, évidemment, mais j’irais bien contrôler son orientation sexuelle avec un détecteur de mensonges. Parce que tous ses discours avec de la bave au coin des lèvres [contre les homosexuels, ndlr], vous savez, ce n’est pas normal». Quelques voix dissidentes s’élèveraient-elles en Russie?

À lire sur Le Courrier de Russie et Snob.ru.

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