Il ne se passe plus une seule semaine sans que rien ne bouge (positivement) aux États-Unis concernant les droits des personnes LGBT. Et ce malgré la manifestation homophobe organisée jeudi dernier par la National Organization for Marriage (NOM) à laquelle était invitée Ludovine de la Rochère.

Aujourd’hui, plus de la moitié des couples gays et lesbiens vivent dans un État qui a élargi le mariage à tous les couples et un certain nombre de décisions de différentes cours d’appel américaines sont attendues dans les semaines à venir. De son côté, Barack Obama est en passe de signer l’Employment Non-Discrimination Act (ENDA) qui vise à protéger tous/tes les employé.e.s LGBT, notamment à l’embauche, via un décret présidentiel dans les prochains jours. Des avancées considérables an matière d’égalité qui se sont accélérées depuis l’arrêt de la Cour suprême Windosr vs. US le 26 juin 2013, venue casser l’absence de reconnaissance fédérale des mariages de couples homos.

ENCORE DES BARRIÈRES FÉDÉRALES À L’ÉGALITÉ
Un rapport remis vendredi 20 juin par Eric Holder, le procureur général des États-Unis, vient justement souligner les efforts entrepris par l’administration Obama pour étendre au maximum les droits fédéraux réservés aux couples hétéros aux couples d’hommes et de femmes. The Advocate relève notamment que «depuis la décision [de la Cour suprême américaine], le gouvernement a accordé de nombreux avantages pour les couples gays et lesbiens qui se sont mariés dans un État qui reconnaît les mariages de couples homos; même s’ils n’y vivent pas. Ces avantages incluent la possibilité de produire des déclarations fiscales conjointes, de réclamer des avantages en termes d’assurance et de retraite pour les conjoint.e.s des employé.e.s fédéraux et des conjoint.e.s des membres des forces armées».

Pour autant, certains départements d’État restent privés de ces droits. C’est le cas des employé.e.s de l’administration de la sécurité sociale et du département des affaires des vétérans. En cause: des lois fédérales qui font barrière à l’égalité. Car seule une action du Congrès pour faire évoluer la législation pourrait changer la donne. D’ailleurs certains textes sont déjà prêts comme le Respect for Marriage Act ou le Veteran Spouses Equal Treatment Act. Mais la route reste encore longue pour faire garantir les droits de vétérans LGBT, soulignent des militant.e.s comme Kate Kendell, directrice exécutive du Centre national pour les droits des lesbiennes.

AU MASSACHUSETTS, DES AVANCÉES POUR LA PRISE EN CHARGE MÉDICALE DES TRANS’
Dans l’État du Massachusetts, le gouverneur Deval Patrick (démocrate) a annoncé pour sa part un certain nombre de changements au sujet de la prise en charge des personnes trans’ par l’assurance maladie de l’État, MassHealth, et les compagnies d’assurance privées, notamment en ce qui concerne la couverture des frais liés aux transitions. Par ailleurs, le Massachusets devient le sixième État avec la Californie, le Colorado, le Connecticut, l’Oregon, le Vermont, auxquels il faut ajouter le district de Columbia, à interdire aux compagnies d’assurance de refuser une couverture médicale des transitions.

Une avancée qui contraste avec l’obstruction du Sénat de l’État de New York qui, pour la septième fois, à l’occasion de la fin de session parlementaire vendredi 20 juin, a refusé d’examiner un texte visant à protéger les employé.e.s LGBT des discriminations en raison de leur identité de genre ou de l’expression de leur genre, le Gender Expression Non-discrimination Act (GENDA). Un autre texte, visant à interdire les «thérapies réparatives» qui cherchent à soigner l’homosexualité chez les mineur.e.s, a subi le même sort, et ce alors que le gouverneur Andrew Cuomo (démocrate) s’est engagé à signer les deux lois si elles étaient adoptées.

Photo Dennis Bratland