Ce n’est pas un poste symbolique, ni honorifique, mais un poste pour «promouvoir et protéger la jouissance effective par tous des droits civils, culturels, politiques, économiques et sociaux» rappelle La Croix. Lundi 16 juin, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé à l’unanimité la nomination du prince jordanien Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein au poste de Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme impulsée par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies. Le diplomate jordanien, dont le père était prétendant au trône d’Irak, succèdera à partir du mois de septembre et pour un mandat de quatre ans à l’avocate sud-africaine Navi Pillay, qui avait pour la première fois œuvré pour la reconnaissance des droits des personnes LGBT au sein des instances des Nations Unies.

En 2012, l’actuelle Haut Commissaire aux droits de l’Homme avait par exemple signé le document Born Free and Equal sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en droit international des droits de l’Homme. Un document précurseur de la campagne de l’Onu Free & Equal sur les droits des LGBT dans le monde qui suit son bonhomme de chemin. Navi Pillay a par ailleurs récemment exhorté les footballeurs homos à faire leur coming-out pendant la Coupe du Monde 2014 qui se tient actuellement au Brésil pour faire accepter l’homosexualité de manière plus efficace dans le monde.

UN DIPLOMATE HABITUÉ DES INSTANCES ONUSIENNES
Le prince Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein n’est pas non plus un inconnu des instances onusiennes, c’est même plutôt un habitué. Aujourd’hui âgé de 50 ans, le diplomate, cousin éloigné du roi de Jordanie Abdallah II, est notamment diplômé de l’université John Hopkins aux États-Unis et de l’université de Cambridge au Royaume-Uni où il a obtenu son doctorat en 1993.

Ancien ambassadeur de Jordanie aux États-Unis entre 2007 et 2010, il parcourt les couloirs de l’Onu depuis 1996. Entre 2000 et 2007, Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein a notamment été représentant permanent de la Jordanie aux Nations Unies avant de présider le Conseil de sécurité pour la Jordanie en janvier 2014. Il a travaillé sur de nombreux dossiers en matière de droits humains notamment sur les crimes de guerre et contre l’humanité et sur les droits des femmes puisqu’il a présidé le comité consultatif du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (Unifem) entre 2004 et 2007. Son épouse Sarah Butler est également employée de l’Onu où elle a œuvré dans les programmes de maintien de la paix et de l’Unicef.

LE PREMIER HAUT COMMISSAIRE DU MONDE ARABE
Après le vote de l’Assemblée générale – très critiquée la semaine dernière pour l’élection du candidat ougandais homophobe à sa présidence –, s’exprimant à la tribune, Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein s’est félicité d’être «le premier Haut Commissaire issu du continent asiatique et du monde arabe et musulman». Et le symbole est important: «Cela reflète la volonté de la communauté internationale de faire progresser le dossier des droits de l’Homme sur ce continent, de même que dans d’autres régions du monde, en prenant en compte l’indépendance et le mandat du Haut Commissaire».

En Jordanie, les relations entre personnes de même sexe ne sont pas illégales et ont même été dépénalisées en 1951. Mais d’autres moyens de pression sont utilisés pour persécuter les personnes LGBT. Le 26 février dernier, dix gays et lesbiennes ont par exemple été arrêtés à Amman pour les troubles qu’auraient pu occasionner leur fête rapporte l’AFP.

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