Dans la première partie de son plaidoyer, Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales (ADFH), rappelle plusieurs cas dans lesquels des familles homoparentales ont été confrontées à des situations injustes: «Un procureur qui fait régulièrement convoquer des parents homosexuels au commissariat pour savoir comment a été conçu leur enfant, des cartes nationales d’identité non délivrées aux enfants alors qu’un certificat de nationalité française est joint au dossier. Un frigo ouvert par un policier pour vérifier si des parents homosexuels peuvent adopter dans de “bonnes conditions”. Un interrogatoire croisé aux parents pour connaitre la méthode de conception de l’enfant en prétendant mensongèrement que l’autre parent vient de tout “avouer”.» Le responsable associatif livre bien d’autres exemples avant de constater l’inertie des pouvoirs publics pour qui «cela fonctionne globalement bien» ou qui préfèrent attendre que la justice suive son cours à son rythme.

La République «s’autorise à sanctionner des enfants parce qu’ils seraient “mal nés”», établit une discrimination «selon l’orientation sexuelle des parents», porte atteinte au droit à la vie privée des familles concernées et «raye l’identité de certains enfants en ne reconnaissant pas leur filiation», s’insurge Alexandre Urwicz. «Qu’une République refuse de protéger un enfant en fonction de son mode de conception est insupportable, qu’elle puisse aller jusqu’à nier son identité est incompréhensible et inexcusable. La République sera comptable des conséquences que ces enfants devront subir lorsqu’ils réaliseront une fois devenus grands qu’ils ont été rejetés par leur patrie.» Le président de l’ADFH conclut sa tribune par un appel adressé à l’actuelle Garde des Sceaux: «Madame Taubira, vous avez été le porte-voix de l’égalité des droits, de la protection de tous les enfants. Où êtes-vous aujourd’hui?»

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