AVIGNON
Ni mot d’ordre ni revendications, et peu de slogans. Mais dans la cité des papes, on sait faire la fête. Le Gay Cirkus a rassemblé au moins 2000 personnes selon Lionel Pichon, le commerçant à l’origine de l’événement, co-organisé par 18 commerces. La parade s’est déroulée sans incident malgré le déploiement d’une banderole par «un groupe d’identitaires sans doute mené par Alexandre Gabriac» [le fondateur des Jeunesses Nationalistes], indique Lionel Pichon. La page Twitter du plus jeune conseiller régional de France semble le confirmer.

Mais ce «Non à l’exhibition» n’a pas troublé les manifestant.e.s, les plus habillé.e.s comme les plus dévêtu.e.s. Le reportage vidéo ci-dessous en est la preuve.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Gay Cirkus d’Avignon 2014: Le reportage vidéo

LYON
18000 personnes ont marché derrière le mot d’ordre le plus controversé de l’année: «Droits des trans’, PMA, IVG, GPA, prostitution. Nos corps, nos choix!». Edwige Marty, la présidente de la Lesbian and gay pride Lyon se réjouit qu’il ait pu susciter le débat, bien qu’Osez le féminisme 69 se soit désolidarisée de la Marche en raison de ce même mot d’ordre.

METZ
«C’est une belle réussite!, s’exclame Matthieu Gatipon-Bachette, le président de l’association Couleurs Gaies. On a profité de la Marche pour interpeller la ville sur notre manque de moyens. On a besoin de subventions plus conséquentes. À côté de Strasbourg et Nancy, ce que nous recevons est risible.» L’association a même publié dans la presse locale son budget: «On voit bien que ce n’est pas assez pour faire progresser la condition des personnes LGBT dans notre ville». Dans la capitale moselloise, 2000 personnes ont défilé sous le soleil. «Comme dans beaucoup d’autres villes, la Marche de Metz est en progression. Petit à petit, les associations de lutte contre les discriminations non LGBT et les syndicats nous rejoignent», se réjouit Matthieu Gatipon-Bachette.

NANTES
«C’est une des Marches les plus jeunes de France, ça donne de l’espoir!» Vincent Danis, le président du Centre LGBT de Nantes, n’en revient toujours pas. «Même les flics trouvaient ça incroyable, il y avait vraiment une foule de lycéen.ne.s et d’étudiant.e.s, un peu comme à Rennes. D’ailleurs, les flics qui travaillaient sur la Marche pour la première fois venaient avec un peu d’a priori, et à la fin de la Marche, tou.te.s se battaient pour revenir l’an prochain!» Plus de 8000 personnes ont défilé sans incident notable, malgré la présence du Renouveau français qui avait déposé une autorisation de manifester sur le parcours de la Marche. «Ils avaient une banderole avec des propos homophobes. On avait peur que des gens aillent les confronter, mais en fait il y a eu une sorte d’intelligence collective qui fait que tout le monde leur a opposé des visages rayonnants de fierté en leur faisant coucou de la main.»

ROUEN
Près du double! «De 300 manifestant.e.s en 2013, Rouen a compté au moins 500 personnes dans ses rues cette année», raconte Géraldine, porte-parole de la Marche pour l’association Laisse Bien Ta Gaieté. Et la mairie a même hissé le drapeau arc-en-ciel à la place du drapeau de la ville pendant tout le week-end. Il a flotté côte à côte avec les drapeaux français et européen.

STRASBOURG
10000 personnes dans les rues de Strasbourg. Festigays pouvait compter sur ses 18 associations pour faire sortir les Strasbourgeois.e.s!

TOULOUSE
Le collectif d’associations Arc-en-ciel a compté 30000 participant.e.s pour les 20 ans de la Marche toulousaine, contre 20000 en 2013. La Marche a été marquée par un conflit entre le collectif Riposte radicale et l’association de policièr.e.s et gendarmes LGBT Flag! qui a été contrainte de quitter la Marche. Matthieu Lauvernier, co-référent de la commission «Pride», déplore une «attitude totalement irresponsable» de la part de Riposte radicale, qui de son côté refusait la présence des forces de l’ordre dans la Marche.

TOURS
Tours se maintient en 2014, avec 2500 personnes dans les rues. Comme en 2013. «Mais c’est la première année où il n’y a aucune contre-manifestation de Vox populi! souligne Sébastien Tüller, l’administrateur du Centre LGBT de Touraine. À notre connaissance, aucun.e élu.e de la mairie n’a fait le déplacement. Et surtout pas le maire.» La bonne surprise de cette édition, c’est une scène inattendue qui s’est produite devant la mairie: «Quand nous avons fait notre arrêt de 15 minutes devant l’hôtel de ville, une femme qui se mariait a brandi un drapeau arc-en-ciel sur le parvis pendant un long moment pour nous soutenir», raconte Sébastien Tüller.

ZURICH
Selon le magazine LGBT suisse 360.ch, la Marche de Zurich a connu un record d’affluence avec 12000 participant.e.s. L’événement, c’était la venue de Conchita Wurst qui a été accueillie comme une reine. Elle a été acclamée par près de 3500 personnes et un « Conchita Wurst Unstoppable Award » lui a été remis.

Photos Couleurs gaies (Metz) / Matthieu Lauvernier (Toulouse) / Rom1 Péneau (Nantes) / Zag-rider (Avignon) / Mallo de Laisse Bien Ta Gaieté (Rouen) / Mathieu Etcheverry (Lyon) / Centre LGBT de Touraine (Tours) / Timothée Krauth (Strasbourg)