C’est en réalité une double première, ainsi qu’une reconduction. Jeudi 12 juin, Kathleen Wynne, à la tête du Parti libéral de l’Ontario depuis 2013, est devenue la première femme et la première lesbienne à être élue Première ministre de la province la plus peuplée du Canada après 40 jours de campagne. Déjà chef du gouvernement de l’Ontario depuis février 2013 après sa victoire à la présidence du Parti libéral quelques semaines auparavant, elle conserve par ailleurs son siège de députée.

Après une entrée remarquée sur Roar de Katy Perry et un discours d’une dizaine de minutes, l’élue reconduite dans ses fonctions a vigoureusement remercié sa femme, Jane Rounthwaite qui l’a ensuite rejointe sur scène pour célébrer la victoire main dans la main. Dans son discours, Kathleen Wynne a qualifié l’Ontario de terre «où qui que ce soit peut devenir Premier ministre». «C’est un très bel endroit inclusif dans lequel nous vivons», a-t-elle ajouté.

L’HOMOSEXUALITÉ DE LA CANDIDATE ÉVACUÉE DE LA CAMPAGNE
Pour autant, l’homosexualité de la candidate, désormais élue, n’a pas vraiment été un sujet de campagne. «Il y a seulement quelques années, une telle candidature aurait provoqué des commentaires désobligeants et des attaques virulentes, explique Graham White, professeur de sciences politiques à l’université de Toronto, à Radio Canada, mais cette fois-ci, l’homosexualité de la chef du Parti libéral ontarien a été complètement évacuée de la campagne». «Cela représente un changement remarquable par rapport à la situation qui prévalait il y a 10 ou 15 ans», commente-t-il.

Pour Maura Lawless, directrice du centre communautaire 519 Church Street, cela «montre à quel point les Ontarien.ne.s sont progressistes». Kristyn Wong-Tam, première conseillère municipale de Toronto à se déclarer ouvertement lesbienne en 2010, se veut plus nuancée: «Je ne pense pas que ce soit le nirvana, mais je suis très heureuse que durant cette campagne, les gens aient été fermes, disciplinés, mais respectueux dans leurs propos». Interrogée par Radio Canada, elle conclut: «Il y aura encore des campagnes électorales qui diviseront et au cours desquelles des gens voudront ramener les questions touchant à la sexualité et à l’orientation sexuelle des candidat.e.s».

Photo Capture