Riposte radicale avait prévenu: «Pas de flics dans la Marche!» Samedi, au moment où le cortège s’élançait, les militant.e.s se sont placé.e.s directement derrière la voiture décorée de l’association des policièr.e.s et gendarmes LGBT Flag!, dont trois membres du bureau avaient fait le déplacement, et ont crié des slogans anti-forces de l’ordre. La voiture a rapidement quitté le cortège.

FUMIGÈNES
Selon Matthieu Lauvernier, le co-référent de la commission Pride du collectif d’associations Arc-en-ciel, «ils balançaient des fumigènes sur nous et sur les membres de Flag! alors qu’on se trouvait dans un endroit très dense de la manifestation, avec des enfants, des personnes en fauteuil roulant. C’est une attitude totalement irresponsable», commente-t-il.

Mickaël Bucheron, le président de Flag!, était au téléphone avec ses collègues pendant tout l’après-midi: «Ils m’ont parlé de jets de bières et d’insultes. Il semblerait que cette hargne soit due à des problèmes relationnels avec la police à Toulouse mais pour nous, c’est consternant! À cause d’eux, des collègues vont rester dans le placard pendant encore trois, quatre, cinq ans. La gay pride, c’est un moment ultra-important pour prendre conscience que d’autres personnes s’assument dans son corps de métier. On a besoin d’être uni.e.s.» Mickaël Bucheron souligne que des «associations de type Civitas» ont relayé sur les réseaux sociaux la campagne de Riposte radicale «pour montrer l’absence de solidarité chez les LGBT». Flag! a porté plainte contre X dimanche soir. L’Inter-LGBT affiche quant à elle son soutien à Flag!, alors qu’Act Up Toulouse est, selon Mickaël Bucheron, du côté de Riposte radicale.

«LGBT OU PAS, LES FLICS ON LES COMBAT!»
De son côté, Riposte radicale se félicite de son action sur son site internet: «transpédébigouine 1 / flic 0» écrit le collectif, en déployant un argumentaire sur la nécessité de ne pas collaborer avec les forces de l’ordre, qu’elles soient LGBT ou pas: «La police mutile et tue! La police expulse! La police réprime! La police discrimine! La police harcèle!», peut-on lire sur le tract.

Depuis un mois, confie un membre de Riposte radicale, qui souhaite rester anonyme, le collectif a entrepris de rappeler que les Marches des fiertés sont «initialement une commémoration des émeutes de Stonewall contre les violences policières» sur les personnes LGBT. Il s’agit donc, pour Riposte radicale, de «repolitiser la Marche». Quitte à assumer le lancé de fumigènes «au sol, bleus et jaunes», précise le membre de Riposte radicale. «On est surpris de l’indignation sélective d’Arc-en-ciel, ajoute-t-il. Deux fumées colorées choquent plus que la violence policière contre une personne queer qui a failli perdre un œil en avril dernier alors qu’on la délogeait d’un squat. La présence de Flag!, c’est un relai dans nos communautés de la politique répressive de l’État.»

Photo Flag!