La municipalité de Rouen n’en avait pas conscience, mais elle vient d’accomplir un acte historique en faisant flotter pendant quatre jours, de la veille de la Marche des Fiertés au lundi 16 juin, le drapeau arc-en-ciel devant la mairie. Et pas n’importe comment: il a remplacé le drapeau de la ville, jouant des coudes avec les drapeaux français et européen.

«Lors de la conférence de presse de la Marche, on s’est rendu compte qu’on n’avait pas de drapeau rainbow pour prendre des photos, explique Hélène Klein, adjointe chargée de la Lutte contre les discriminations, des Droits des femmes, de la Citoyenneté et des Personnes en situation de handicap. L’idée a alors germé avec HES (Homosexualités et Socialisme) et les autres associations. Mais cela fait deux ou trois ans que la mairie de Rouen déploie une bâche le 17 mai [Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie]. Nous sommes donc dans la continuité. J’ai souhaité que le drapeau soit installé la veille de la Marche, afin que tous les couples qui se marient le week-end aient le temps de le voir. C’est une façon de manifester notre soutien dans une période où le sentiment homophobe grandit. Le 17 mai dernier, le drapeau de Aides a été incendié devant son local».

Hélène Klein avait déjà œuvré pour intégrer les personnes LGBT lors des cérémonies commémoratives de la déportation, et pour que le Pacs puisse être célébré en mairie.

Récemment, la ville de Niort a affiché les couleurs de l’arc-en-ciel en soutien aux LGBT russes pendant les jeux Olympiques de Sotchi.

Photo Florian Verdiere