LE COMING-OUT DE LA SEMAINE
Une semaine qui file et encore un coming-out dans le sport: «Je suis gay, amoureuse et fièrement authentique». Ainsi se termine une lettre en forme de journal signée par la hockeyeuse canadienne Charline Labonté. publiée, mercredi 11 juin, sur les sites Lezspreadtheworld et Outsports. Ici en français et en anglais.

La gardienne de l’équipe nationale, triple médaillée d’or olympique, raconte sa rencontre-coup de foudre avec sa compatriote, la patineuse de vitesse Anastasia Bucsis (photo ci-dessus), sa vie d’athlète out auprès de son équipe: «J’ai la chance de faire partie de l’équipe canadienne depuis 12 ans et jamais je n’ai eu le sentiment de devoir me cacher. Tout le monde sait que je suis gay et jamais je ne me suis sentie dénigrée par rapport à mon orientation sexuelle dans mon équipe. Au contraire, c’est là où je m’y sens le mieux. Le sujet de l’homosexualité n’a absolument rien de tabou avec nous. Nous en parlons et en rions comme c’est le cas avec tous les autres sujets. Quel privilège de pouvoir évoluer dans un environnement comme celui-là qui n’a pas toujours été aussi ouvert.»

Elle évoque aussi «l’envers de la médaille» des Jeux olympiques de Sotchi: «Les nouvelles lois russes, dont entres autres, celles qui sanctionnent tout acte de “propagande homosexuelle”. Hétéro ou gay. Malaise. Avions-nous peur? Eh oui! Étions-nous en danger? Aucune idée… L’équipe canadienne n’a toutefois pas eu l’intention de protester. Nous étions là pour une seule et unique raison: celle de compétitionner au plus haut niveau de nos capacités. Le travail derrière notre qualification avait été tellement acharné, personnellement je ne pouvais pas laisser les distractions extérieures me séparer de mon rêve ultime. Par contre, le sentiment de ne pas être complètement libre pendant la durée des Jeux me laissait un goût amer dans la bouche. Merci la vie, Sochi 2014 s’est déroulé dans la paix et tous les athlètes ont pu se concentrer sur leurs entraînements et leurs performances.»

Et bien sûr la victoire du Canada sur les États-Unis en finale. Menées 2-0 à trois minutes de la fin du temps règlementaire, les Canadiennes ont conservé leur titre.

Anastasia Bucsis, a partagé la nouvelle, est très fière de son amour:

Parmi les premiers messages de de félicitations, celui de You Can Play Project:

Charline Labonté a partagé, sur Instagram, un instantané qui résume bien la situation:

«Grâce à tout ce merveilleux soutien, voilà comment je me sens! Un énorme merci et rendons le monde meilleur!»

LE MATCH DE LA SEMAINE
Une rencontre footballistique et militante entre Les Dégommeuses et une équipe de l’association Acceptess-T, dimanche 15 juin, au stade Pershing, dans le bois de Vincennes. «Faire ce match, ça nous permet de croiser les questions trans’ et les questions lesbiennes à travers le sport, qui est un moyen de faire reculer les discriminations, explique bruce, qui joue dans l’équipe des Dégommeuses. On souhaite faire de cette rencontre un événement ouvert à tout le monde, quelque chose de drôle, un match où on ne sera pas là pour gagner.» Au programme, en plus du match, massages aux paillettes, atelier drag-king, apéro convivial et beaucoup de bonne humeur.

LA CAMPAGNE DE LA SEMAINE
Comme annoncé, les autorités du basket professionnel féminin américain (WNBA) lancent une campagne à destination des publics LGBT. La WNBA Pride .

LES ARTICLES DE LA SEMAINE
C’est donc parti pour la Coupe du monde de football 2014, au Brésil, jusqu’au 13 juillet. Jeudi 12 juin, en match d’ouverture, le Brésil a battu la Croatie (3-1) avec 2 buts de Neymar. La compétition se tient dans le pays du football, dont l’équipe nationale détient d’ailleurs le plus beau palmarès avec 5 étoiles sur le maillot de la Quinta (victoires en 1958, 1962, 1970, 1994, 2002).

Mais dans un pays en proie à de nombreuses manifestations et opérations de protestation contre la compétition qui devrait coûter 11 milliards de dollars contre les 3 milliards initialement prévus. Des dépenses supplémentaires supportées par le pays. Deux articles pour s’éclairer sur la situation, quand des Brésiliens interviewés estiment que si «même si le Brésil gagne, ce sera une défaite pour le peuple»:
– Sur le Plus du Nouvel Obs, un reportage raconte que «le discours anti-Coupe est diffus. Selon un sondage réalisé début juin, 42% des Brésiliens se disent hostiles à la tenue de la compétition! Une autre étude souligne que 72% des gens se déclarent mécontents.»
– Constat terrible dans Le Monde dont le correspondant régional raconte le hiatus entre le développement économique du pays et les records de violence: «Le PIB par habitant a dépassé les 12000 dollars en 2013, un record (en France, il s’élève à 35000 dollars). 35 à 40 millions de Brésiliens ont quitté la pauvreté pour venir grossier les rangs de la classe moyenne. Malgré les lacunes et les inégalités du système, le Brésil n’a même jamais connu un tel niveau d’éducation. La population universitaire a doublé en dix ans, pour atteindre près de 7 millions d’étudiants. Et le taux d’analphabétisme est passé à moins de 9 % chez les plus de 15 ans. Seulement voilà: le Brésil, plus riche et plus éduqué aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de son histoire, vient de découvrir – dans une apparente contradiction – qu’il était également plus violent. D’après les derniers chiffres disponibles, rendues publics, le 27 mai à Sao Paulo, par l’Institut Sangari dans son rapport annuel “Mapa da violencia” (“carte de la violence”), le pays a enregistré 56 337 homicides, en 2012. Jamais, depuis la mise en place de relevés statistiques dans ce domaine, en 1980, le pays n’avait connu une telle hécatombe».

LA QUESTION DE LA SEMAINE
Comment conjuguer l’amour du sport, sa passion dans cette compétition dont les images qui parviennent sont aussi politiques et sociales. Depuis les Jeux olympiques de Sotchi (et même avant, d’ailleurs), la chroniqueuse de TDJ ne sait plus très bien (soupir).

LA PUB DE LA SEMAINE
David Beckham, Zinedine Zidane contre Gareth Bale et Lucas Moura pour cette pub d’Adidas. Il ne fait jamais bon jouer à la maison:

http://youtu.be/BDUIuzIwwTU

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur House Match ft. Beckham, Zidane, Bale and Lucas Moura: all in or nothing — adidas Football

LA FINALE DE LA SEMAINE
Les Spurs de San Antonio mènent 3 victoires à 1 contre les Miami Heats dans la finale du championnat nord-américain de basket (NBA). L’équipe de Tony Parker est allée gagner deux fois sur le parquet de la bande à LeBron James, tenante du titre (107-86). Une rencontre complète au cours de laquelle les 13 joueurs texans inscrits sur la feuille de match ont joué et marqué. Les Spurs sont à une victoire du titre. Prochaines rencontres à Miami, le 15 juin et éventuelles à San Antonio le 17, à Miami le 20.

L’AFFICHE DE LA SEMAINE
Partagée par le compte Olympique Ardèche, sur Twitter, cette infographie du Comité paralympique et sportif français. Une image vaut 1000 mots.

L’IMAGE DE LA SEMAINE
L’immense soulagement de Felipe Massa après que Loïc Duval, pilote Audi, est sorti indemne, mercredi 11 juin, d’un crash lors des essais des 24 heures du Mans (14-15 juin). Le pilote français, membre de l’équipe victorieuse en 2013, n’a pas été autorisé à prendre le départ de la course d’endurance. Il est remplacé par son collègue espagnol Marc Gené.

Tweet Massa

LE SOMMEIL DE LA SEMAINE
Les concurrents de la Solitaire du Figaro ne dorment en moyenne qu’une heure par jour, évoque cet article sur le site Francetvinfo. La deuxième étape (Plymouth-Roscoff via le Fastnet) s’élance samedi 14 juin. Les concurrents sont attendus en Bretagne le 17 ou 18 juin: «Les figaristes visent un autre type de sommeil, que le médecin Jean-Yves Chauve décrit comme«un sommeil “parking” de vingt minutes qui permet d’atteindre le sommeil profond avec peu de rêves mais qui offre une bonne récupération physique. Ils s’accordent aussi quelques instants de sommeil “flash” de quelques secondes qui permet une courte relaxation pour retarder l’apparition de l’hypovigilance.»

LE RETOUR DE LA SEMAINE
Martina Hingis a obtenu des autorités de Wimbledon, une invitation pour jouer en double avec la Russe Vona Zvonareva. La Suissesse, 33 ans, ancienne numéro 1 mondiale en simple comme en double, avait pris sa retraite en 2007 avant de revenir en duo par intermittence sur le circuit. Avec l’Allemande Sabine Lisicki, elle a remporté, en mars, le tournoi de Miami.

LE «FINALEMENT, C’EST OUI» DE LA SEMAINE
Après le démenti… la confirmation. Amélie Mauresmo rejoint donc l’équipe d’Andy Murray et entraînera le joueur britannique pour la saison sur gazon qui mène les joueurs et joueuses jusqu’à Wimbledon, du 23 juin au 6 juillet. Le tenant du titre des «Championships» s’était séparé, en mars, de son entraîneur, l’ancien champion Ivan Lendl. «Ce qui m’intéresse, c’est de l’aider dans les objectifs qu’il s’est fixé, a indiqué Amélie Mauresmo. Pour mois, c’est un défi.» Andy Murray s’est incliné, jeudi, au Tournoi du Queen’s au deuxième tour, face à Radek Stepanek. Presque une habitude pour lui: ou il remporte le tournoi – ainsi en 2009, 2011, 2013 –, ou il le quitte prématurément comme en 2010 et 2012.

LE TWEET DE LA SEMAINE
Chris Evert, ancienne numéro 1 mondiale, détentrice de 18 victoires en simple en grand chelem, est admirative:



LE NAVRATILOTWEET DE LA SEMAINE

Martina Navratilova, détentrice de 18 titres du grand chelem en simple comme Evert, se félicite du tandem: «C’est bien de voir une femme entraîner un homme de l’élite. J’espère que cela fonctionnera pour eux.»

Photo via Instagram

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