Il faut croire que Katie Couric a bien appris sa leçon depuis la venue de Laverne Cox dans son émission en janvier dernier. L’actrice et militante pour les droits des personnes trans’ l’avait ce jour-là remise à sa place après que la journaliste s’était permise de poser des questions intrusives. Mardi 10 juin, Laverne Cox était de retour sur le plateau de son show télévisé pour parler de la nouvelle saison d’Orange Is The New Black, mais aussi de sa couverture du Time, et de son rôle de militante.

FAIRE DES ERREURS POUR FAIRE PRENDRE CONSCIENCE
Grâce à son rôle dans la série de Jenji Kohan, Laverne Cox raconte comment plusieurs personnes sont venues la voir lui dire qu’elle et son personnage de Sophia avaient beaucoup contribué à les aider pour parler de leur propre transition: «Je crois que de nombreuses personnes trans’ se reconnaissent dans ce personnage qui est vraiment incroyable, et les personnes qui ne sont pas trans’ s’identifient aussi à ce personnage avec lequel elles ne pensaient pas avoir quelque chose en commun». Katie Couric a admis très humblement qu’elle avait été dans l’erreur en orientant ses questions sur la condition physique de Laverne Cox et de Carmen Carrera lors de l’émission de janvier. La journaliste a très clairement compris ce que lui avait alors expliqué l’actrice, ce qui a ravi cette dernière, qui, philosophe, considère que ce type de petit accrochage a des vertus pédagogiques:

«C’est génial Katie, je crois qu’il faut savoir faire des erreurs en public, je ne sais pas si c’était une faute, mais j’ai entendu ça récemment: c’en est une si vous la faites deux fois. Et alors nous pouvons vraiment vivre un moment où les gens prennent conscience si on s’autorise à être vulnérable et à ne pas toujours bien faire les choses.»

«JE SUIS DEVENUE DAVANTAGE MOI-MÊME»
La journaliste a aussi fait réagir Laverne Cox sur la vidéo du petit Ryland, un enfant trans’ soutenu par ses parents dont l’histoire a fait le tour de la planète. Elle a alors repris une citation du Times: «“Pour beaucoup de personnes trans’, le corps dans lequel elles sont nées est un déguisement qu’elle ne peuvent pas retirer.” C’est cela que vous ressentiez Laverne, quand vous étiez plus jeune?» Réponse de l’actrice:

«Non, ce n’est pas ce que je ressentais, et l’important, s’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est qu’il n’y pas qu’une seule expérience universelle trans’. Chacun.e expérimente son genre de façon différente et il faut interagir entre les individus et les laisser gérer la façon dont ils/elles ont envie de dire qui ils/elles sont. Pour moi, c’était une évolution (…) pour moi et pour les gens qui me connaissent, je suis juste devenue davantage moi-même.»

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«J’AURAIS PU ÊTRE CECE»
Katie Couric n’a pas manqué de revenir sur le documentaire consacré à CeCe McDonald, une femme trans’ condamnée à plusieurs mois de prison pour s’être défendue face à un agresseur transphobe, qui est décédé des suites de ses blessures. Touchée par son histoire, et désireuse de montrer au grand public les difficultés que subissent les femmes trans’ de couleur, Laverne Cox est devenue co-productrice du film et a rendu visite plusieurs fois à la jeune femme durant sa détention dans une prison pour hommes.

«J’aurais pu être CeCe, affirme-t-elle. J’ai subi aussi du harcèlement de rue dans ma vie d’adulte en tant que femme trans’.»

«Pourquoi les femmes trans’ sont-elles la cible de tant de violences?» s’interroge Katie Couric «Il y a plusieurs raisons, analyse Laverne Cox. Sur le sujet de la violence, il y a déjà l’enjeu de la classe et de la race, et on doit se pencher sur ces problèmes car ils touchent les femmes de trans’ de couleurs. (…) Mais je crois qu’il y a aussi une gêne avec tout ce qui est différent et l’idée d’être un homme ou une femme est toujours contestée d’une façon ou d’une autre, avec le féminisme. (…) Ce dont il faut se souvenir c’est que si moi je me sens mal à l’aise avec ce que font certain.e.s, je dois d’abord me regarder, moi. On doit commencer par ça et s’interroger sur soi-même, pour peut-être parvenir à mieux s’aimer.» Le documentaire Free CeCe pourrait sortir fin 2015.

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LAVERNE COX DANS LE PROJET «IT GOT BETTER»
Laverne Cox a par ailleurs participé au projet It Got Better. De son enfance à Mobile en Alabama, humiliée et harcelée par ses camarades d’école, poussée par ses professeurs et par sa mère à se comporter davantage comme un garçon, à son coming-out gay à l’université, Laverne Cox raconte une enfance difficile jusqu’à son arrivée à New York où elle a enfin rencontré des femmes trans’ et est devenue elle-même. Elle revient aussi avec beaucoup d’émotion sur sa relation avec sa mère aujourd’hui et comment elle est parvenue à l’accepter telle qu’elle est.

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Via The Advocate.