Le réalisateur John Waters, connu pour les films cultes Pink Flamingos et Hairspray, était l’invité de l’émission de Stephen Colbert sur Comedy Central. Difficile d’imaginer que deux hommes en apparence aussi opposés puissent se rencontrer et s’apprécier, l’un étant l’un des réalisateurs les plus anti-conventionnels et provocateurs du cinéma américain, l’autre un satiriste qui s’amuse à entretenir son personnage de présentateur réactionnaire et étriqué. Et pourtant…

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LA PERSONNALITÉ LA PLUS BIZARRE DE LA CULTURE AMÉRICAINE
«Nous avons passé un moment très agréable la dernière fois, qu’avez-vous fait depuis, à part être bizarre?» commence Stephen Colbert sans prendre de pincettes, face à un John Waters qui lui répond presque innocemment: «Et bien, c’est de ça que je vis, chaque matin je vais travailler et je dois penser à des trucs bizarres que je pourrai vendre l’après-midi, c’est mon boulot!» Le présentateur le flatte alors d’une façon particulièrement subtile: «Mon problème avec vous, et j’en ai beaucoup, mais mon problème numéro un, c’est que vous êtes la personnalité la plus bizarre de la culture américaine, tout en étant apprécié, on vous aime pour votre bizarrerie. Mais je suis un Américain traditionnel, et je me sens menacé par le fait de vous apprécier malgré cela. Vous vous sentez responsable de ce que vous avez fait à notre culture, de cette dégradation de notre morale?» Réponse de John Waters, ravi de porter justement une telle responsabilité: «Oui, je suis fier de vous avoir invité dans un monde où vous vous sentiez à l’étroit, où je peux vous faire sentir en sécurité, où je peux devenir votre guide, et où vous pouvez rire. Oui, je crois que c’est important. Et alors les gens arrêtent de se juger entre eux.» Stephen Colbert, interdit, l’arrête tout de suite: «John, si les gens ne se jugent plus, alors je n’ai plus de boulot!»

ÉPOPÉE EN AUTO-STOP
John Waters n’est pas venu pour présenter un nouveau film, mais pour faire la promotion de son nouveau livre, Carsick, dans lequel il raconte un voyage hors des sentiers battus: le réalisateur a traversé en auto-stop les États-Unis, de Baltimore à San Francisco, le pouce levé au bord de la route pour être pris en voiture par toutes sortes d’inconnu.e.s… qui de leur côté ne l’ont jamais reconnu et l’ont simplement pris pour un sans-abri. Un road-trip glauque? Pas pour John Waters: «Je n’avais pas peur, j’avais surtout peur que personne ne me prenne!» assure John Waters.
– Qu’est-ce qui aurait pu vous arriver de mieux? questionne Stephen Colbert.
– Coucher avec quelqu’un à un derby de démolition dans une voiture pendant la course, ça, c’était marrant!
– John, ça c’est la définition des rapports sexuels à risques!
– Oh, mais on s’est protégé!

«TOUT LE MONDE DEVRAIT ESSAYER»
Pendant ces neuf jours et ces vingt-et-un trajets à travers les États-Unis, le réalisateur raconte avoir rencontré des gens très ouverts d’esprit, «bien plus que les gens qu’on rencontre à L.A. ou à New York» insiste-t-il, véritablement désireux d’aider leur prochain. Cette expérience a rendu John Waters fervent défenseur de l’auto-stop:

«Tout le monde devrait essayer de se faire un voyage en auto-stop, même si c’est pour deux kilomètres! C’est une aventure, c’est un feuilleton télé, c’est une émission de télé-réalité, et vous allez rencontrer de nouvelles personnes! Pas besoin d’aller sur des sites de rencontres, faites de l’auto-stop!»

Via Towleroad.