C’est en juin 1970 à New York qu’eut lieu la première Gay Pride. Il s’agissait alors de commémorer la riposte contre la répression policière des client.e.s d’un bar fréquenté par des LGBT, le Stonewall Inn. Cette «Journée de Marche pour la libération de Christopher Street» voyait des personnes jusqu’ici cantonnées à la honte et à la dissimulation s’emparer de l’espace public pour chanter: «Say it clear, say it loud: Gay is good, gay is proud». «Il n’y avait pas de char, pas de musique et pas de garçon en slip», se souvient un témoin de ce premier défilé.

Los Angeles organisa à son tour un rassemblement similaire, avec la permission des autorités municipales. C’est à partir de ce moment-là que les marches sont devenues des parades, expliquent certain.e.s. À New York, on a toutefois préféré garder le terme de «marche» pour désigner l’événement: «Nous voulons rendre hommage et commémorer l’histoire des événements qui ont initié tout cela, a expliqué le coordinateur de la manifestation new-yorkaise. Nous avons décidé qu’une fois que la communauté LGBT ne subira plus de discrimination et de haine à travers le monde, là, nous pourrons faire de la marche une parade.»

La tradition s’est répandue à travers les États-Unis et le monde entier, en conservant l’aspect festif des parades qui avaient lieu ailleurs qu’à New York. Et leur nécessité aujourd’hui encore se fait sentir. D’une part, parce que certaines personnes ont toujours peur ou honte d’affirmer leur identité de genre ou leur orientation sexuelle et que la visibilité d’une marche en pleine rue montre que l’on peut ouvertement être lesbienne, gay, bi.e ou trans’. D’autre part, ces parades permettent de donner un autre visage aux LGBT: outre les questions de violence et de discrimination évoquées à longueur d’année, la communauté se laisse aller à la fête et à la légèreté. Et ces marches sont aussi le reflet du mouvement LGBT: les revendications pour la prise en compte de l’épidémie du sida dans les années 80 ont succédé aux slogans des activistes de la décennie précédente. Les années 90 ont été marquées par les hommes musclés, décrit le coordinateur de la marche de New York, et désormais ce sont les familles homoparentales qui tiennent le haut du pavé.

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