Amateurs et amatrices de nouveaux concepts, le spornosexuel ne vous a sûrement pas échappé. Tous les autres, vous êtes sûrement en train de vous demander quel néologisme s’apprête à envahir toutes vos discussions. C’est le journaliste britannique Mark Simpson qui est à l’origine du terme, qu’il voit comme la suite logique du «métrosexuel», concept qu’il a également rendu populaire voilà aujourd’hui vingt ans. Il explique dans un article publié sur le site du Telegraph la genèse de «spornosexuel», qui désigne cette nouvelle génération nourrie aux sports, aux réseaux sociaux et au porno.

LES RACINES DE LA MÉTROSEXUALITÉ
En 1994, Mark Simpson avait inventé le terme de «métrosexuel» pour définir cette nouvelle manière qu’avaient les hommes de concevoir leur propre masculinité. Depuis, le concept de la métrosexualité a envahi la publicité et la presse et est entré dans notre vocabulaire. Le journaliste revient sur ce phénomène et sur sa genèse: «Tout comme l’homosexualité masculine était encore stigmatisée et partiellement criminalisée auparavant, le désir masculin d’être désiré – le cœur égocentrique de la métrosexualité – était méprisé par beaucoup. Le narcissisme était perçu comme essentiellement féminin, ou wildien, et il suffit de voir ce qui lui est arrivé. Les procès d’Oscar Wilde, le dernier dandy, à la fin du XIXe siècle, ont aidé à coller une moralité victorienne sur tout le XXe siècle.

«La vanité de l’homme était au mieux féminine, au pire, un vice. Avec la fin du XXe siècle, l’abolition des dernières lois discriminant l’homosexualité, l’arrivée de la dominance affichée de la culture de la célébrité avec sa lutte darwinienne pour être remarqué.e dans un monde de marques ont finalement emporté les restes de l’ère victorienne. Pour illustrer cela, je n’ai que deux mots à dire: David Beckham, le footballeur anglais de la classe ouvrière qui est devenu globalement célèbre pour ses coupes de cheveux qui attirent l’attention, sa beauté assumée et le désir rampant d’être désiré, davantage que pour ses talents de footballeur.»

«APPELONS-LES LES SPORNOSEXUELS»
Aujourd’hui s’amorce une nouvelle tendance qui découle de la métrosexualité. L’homme d’aujourd’hui est spornosexuel selon Mark Simpson: «La nouvelle vague met du sexuel dans la métrosexualité. En fait, un nouveau terme est nécessaire pour les décrire, ces héritiers gonflés à bloc des publicités suggestives à la Ronaldo et à la Beckham, quand le sport s’est invité au lit avec le porno pendant que M. Armani prenait des photos. Appelons-les les spornosexuels. Mais à l’inverse des pubs métrosexuelles de David Beckham d’autrefois, dans lesquelles ses attributs étaient sans doute artificiellement améliorés, les spornosexuels d’aujourd’hui se photoshoppent eux-mêmes dans la vraie vie.»

Pour que chacun puisse en avoir le cœur net («suis-je encore un misérable métrosexuel, ou ai-je dépassé ce stade de l’évolution pour devenir moi aussi un spornosexuel?») le site du Telegraph a concocté un test. À vous de jouer…

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