Tandis qu’une ribambelle de people – dont Conchita Wurst et Jean Paul Gaultier – se déhanchaient au Life Ball de Vienne ce samedi 31 mai, l’extrême droite européenne se réunissait à quelques kilomètres de là, au palais du Liechtenstein, rapporte l’Austrian Independent. Les motivations de cette rencontre varient selon les sources: le journal autrichien évoque un rassemblement de lutte contre «le satanique lobby homosexuel» tandis que Le Figaro parle d’une réunion sur le thème de «l’avenir des valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne en Europe». Le tout sous couvert de fêter le bicentenaire de la Sainte-Alliance russo-austro-prussienne contre les élans de conquête de Napoléon, précisent des journalistes du Monde sur le blog Droite(s) extrême(s).

L’oligarque russe Konstantin Malofeew est à l’origine de cette rencontre. Il a notamment contribué à l’organisation à Moscou d’un congrès sur la famille auquel était invité Aymeric Chauprade, eurodéputé FN fraîchement élu. Également présent à Vienne ce week-end, il a démenti les informations des journaux autrichiens selon lesquels Marion Maréchal-Le Pen aurait assisté à la réunion. «Elle était en week-end à Vienne pour des raisons personnelles, Heinz-Christian Strache [président du nationaliste Parti de la liberté d’Autriche, ndlr] a suggéré à Aymeric Chauprade de l’inviter à venir le soir, c’est tout. Elle n’a pas participé à la journée», a indiqué le FN aux journalistes du Monde.

L’an dernier, le même Aymeric Chauprade s’était rendu à Moscou où il avait félicité la Russie d’avoir «résisté aux “droits” des minorités sexuelles». Dans un discours prononcé devant la Douma, il avait fustigé «la perte de souveraineté, le grand remplacement de population, les Femen, la théorie du genre, le mariage des homosexuels, et bien d’autres marchandisations du corps humain encore. […] C’est plein d’espoir [que les patriotes du monde entier] voient la Russie légiférer contre la promotion publique de l’homosexualité, contre le risque d’adoptions internationales d’enfants russes par des couples unisexe et contre l’ingérence d’ONG nihilistes et manipulées par les réseaux américains.»

On ignore ce qui s’est dit à Vienne ce week-end, mais vu les personnes présentes, on imagine que la teneur des propos ne devait pas être foncièrement différente. Aymeric Chauprade parle d’une centaine de convives. Parmi eux Alexander Dugin, un théoricien russe nationaliste, et le Bulgare Volen Siderov, président d’Ataka, un parti si xénophobe que même Marine Le Pen n’ose pas l’approcher. Aymeric Chauprade, lui, a osé, a révélé un proche aux auteur.e.s de Droite(s) Extrême(s): «Ils se sont dit bonjour, ont un peu discuté, c’est tout. Ils n’ont aucun projet politique en commun à venir.»

Photo Andreas Praefcke