Tandis que la France interdit de façon permanente le don du sang par des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), l’Afrique du Sud et la Finlande vont vers une meilleure inclusivité. Jusqu’ici, la première requérait des hommes concernés qu’ils n’aient pas de relation sexuelle pendant six mois avant de donner leur sang. Désormais, les hommes en couple stable depuis au moins six mois peuvent le faire, indique RFI. Quant à la Finlande, l’interdiction permanente y est devenue temporaire: un homme n’ayant pas eu de relation sexuelle avec un autre homme depuis au moins un an peut donner son sang, précise l’organisme finnois chargé de la collecte.

Pour Alexandre Marcel d’Idaho France, ces décisions devraient être un signal pour le gouvernement français que la législation doit évoluer. En 2012, la ministre de la Santé Marisol Touraine avait indiqué que les risques étaient trop importants pour les transfusé.e.s. En Afrique du Sud où la prévalence du sida chez les HSH est plus élevée qu’en France, les services de collecte ont recours à des tests approfondis pour dépister la présence d’infections dans les poches de sang. Grâce à ce test, aucune contamination n’a eu lieu depuis 2005, a indiqué Vanessa Raju du Service national de don du sang à RFI. La Croix-Rouge finnoise, chargée de la collecte de sang, assure pour sa part qu’une «analyse prudente des risques» a été effectuée et que la qualité des poches de sang ne sera pas altérée par cette ouverture aux HSH n’ayant pas eu de relation sexuelle depuis un an.

Le comité Idaho France reproche au gouvernement d’entretenir un amalgame entre sida et homosexualité: «Cela fait croire à certain.e.s Français.es que les homosexuels sont probablement des malades et c’est insupportable pour les populations LGBTI de notre pays», s’indigne Alexandre Marcel. Les annonces de l’Afrique du Sud et de la Finlande interviennent à quelques jours de la Journée mondiale du don du sang qui aura lieu le 14 juin.

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