L’interview de Vladimir Poutine par Gilles Bouleau et Jean-Pierre Elkabbach diffusée hier, mercredi 4 juin, fut l’occasion pour le président russe d’exposer sans contradiction ses vues sur la situation en Ukraine, la politique étrangère de la Russie, les camps de travail  – qui ne seraient d’ailleurs pas des camps de travail, mais des lieux privatifs de liberté où, contrairement aux prisons, il est possible de travailler –, le rôle des femmes et les droits humains, dont ceux des personnes LGBT. Alors que Vladimir Poutine assurait vouloir protéger la population russe de la pédophilie sur Internet, Gilles Bouleau l’a interrompu, en rappelant qu’homosexualité et pédophilie n’ont rien à voir mais que parler d’homosexualité est interdit en vertu des lois «anti-propagande».

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«Non, nous n’avons pas de loi interdisant l’homosexualité», a répondu Vladimir Poutine, alors que le présentateur du journal télévisé de TF1 ne disait rien de tel. «Nous interdisons la promotion de l’homosexualité auprès d’un public de mineur.e.s, a ajouté le président russe. Ce sont des choses tout à fait distinctes. Aux États-Unis, certains États répriment pénalement les relations homosexuelles. Nous n’avons pas de peine de ce genre, seulement quand il s’agit de propagande destinée à des mineur.e.s. Nous avons le droit de protéger nos enfants et nous allons le faire.» Quelques jours plus tôt, c’est au nom de cette loi que la gay pride de Moscou a été interdite pour la neuvième année consécutive et que des militantes ont été arrêtées. Sous couvert de lutte contre la pédophilie, le président russe légitime donc l’homophobie.

Mais Vladimir Poutine affirme par ailleurs sans ciller son sexisme: «Il est préférable de ne pas débattre avec les femmes, a-t-il commenté lorsqu’un des journalistes l’a questionné sur les critiques portées à son encontre par Hillary Clinton. Mme Clinton n’a jamais été très subtile dans ses déclarations.» Il a ensuite ajouté: «Quand des gens dépassent certaines limites de politesse, cela montre leur faiblesse, pas leur force. Pour une femme cependant, la faiblesse n’est pas tellement un défaut.» Ces phrases prononcées avec un sourire n’ont pas été relevées par Jean-Pierre Elkabbach et Gilles Bouleau qui ont continué l’entretien sans remettre en question ces déclarations.

À leur retour en France, les deux journalistes ont commenté cette rencontre. Gilles Bouleau estime que les propos de Vladimir Poutine sur les droits humains ou les femmes relèvent «d’un emballement semble-t-il voulu». Jean-Pierre Elkabbach décrit quant à lui un homme au «charisme froid», doté «d’une fermeté sans exubérance» et qui a «la raideur brutale d’un timide». Le président russe leur a ensuite offert une coupe de champagne et a échangé avec eux «avec familiarité», décrit le présentateur de TF1.

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