Avant d’être le député EELV qui s’est notamment illustré lors des débats sur le mariage pour tous en 2013, Sergio Coronado a été attaché parlementaire de Noël Mamère, et était bien entendu présent lors de la cérémonie de mariage de Bègles, quand le député-maire a uni Stéphane Chapin et Bertrand Charpentier le 5 juin 2004. C’est par ailleurs lui qui a transmis le Manifeste pour l’égalité des droits écrit par Daniel Borrillo et Didier Eribon à Noël Mamère: «Avant même que l’on en discute, car cet appel l’engageait quand même à avoir une interprétation très précise du Code civil et à célébrer un mariage d’un couple de même sexe, ce qui le mettait en marge de la loi, il m’a passé le texte signé, se souvient Sergio Coronado. Comme si c’était évident, normal. Je lui ai demandé s’il était conscient que si deux personnes se présentaient dans sa mairie, il serait obligé de les marier. Il m’a dit oui. Je m’étais dit “comme tout le monde, il doit penser que ça ne se passera jamais à Bègles”. D’ailleurs, personne ne pensait que ça se passerait à Bègles!»

UNE PRISE DE CONSCIENCE POLITIQUE ET PERSONNELLE
Pour Sergio Coronado, cet événement du mariage de Bègles, et notamment le déchaînement de haine qu’il a pu générer de la part des opposant.e.s à l’égalité des droits, a eu une incidence certaine sur son parcours politique, mais aussi personnel: «Je pense que je suis devenu pédé à ce moment-là. C’est un peu paradoxal, mais moi je n’ai jamais eu de problèmes ou de drames dans ma famille, j’ai toujours assumé ce que j’étais.

«Quand je parle de “devenir pédé” au moment du mariage de Bègles, c’est prendre conscience que, malgré la liberté qui est la nôtre, les parcours et les vies qu’on choisit, parfois seul, sans appartenance communautaire ou grégaire, le déchaînement de haine au moment du mariage fait prendre conscience que, qu’on le veuille ou non, on a un destin lié avec nos semblables, avec ceux et celles qui, comme moi, sont lesbiennes, gays, bi.e.s, trans’.

«C’est se dire, au fond quoi qu’on fasse on ne sera jamais que le pédé à leurs yeux. Et il n’y a rien de dramatique à cela, ça ne me gêne pas d’être le pédé qu’on voit en moi. Ça a été une prise de conscience assez politique en fait, il y a quelque chose qui a changé en 2004.»

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