Faisant suite à l’audience du 6 mai, la XVe chambre du tribunal correctionnel de Paris a rendu ce mardi 3 juin son jugement au sujet de l’agression homophobe de Wilfred de Bruijn et Olivier Couderc, survenue dans la nuit du 6 au 7 avril 2013. Au titre des violences perpétrées à raison de l’orientation sexuelle des victimes, Taieb et Malik ont été condamnés à 30 mois de prison ferme, assortis de 12 mois de sursis pour le premier et de 15 mois de sursis pour le deuxième.

«UNE PEINE ÉQUILIBRÉE»
Quant à Kidé, qui a assisté à l’agression sans rien faire, 6 mois de prison avec sursis ont été prononcés à son encontre. Une quatrième personne, mineure au moment des faits, doit être jugée devant le tribunal pour enfants. Une expertise médicale doit avoir lieu dans les prochaines semaines afin de déterminer précisément le montant qui devra être versé à Wilfred de Bruijn. Les condamnés doivent d’ores et déjà l’indemniser solidairement à hauteur de 6000 euros. Son compagnon doit quant à lui recevoir 1500 euros.

«C’est une peine équilibrée et juste qui prend en compte la personnalité des agresseurs et la gravité des actes commis, a indiqué l’avocate Caroline Mécary à la sortie de l’audience. C’est un message très fort à l’égard de ceux qui seraient tentés d’agresser une personne en raison de son homosexualité.» Lorsqu’ils sont dans la rue, Wilfred de Bruijn et Olivier Couderc «ne se [comportent] plus comme avant», a confié le premier, mais ils se disent «satisfaits» de la décision rendue.

«Le tribunal a dit non aux violences gratuites, aux actes lâches et à la haine de l’autre pour ce qu’il est, a ajouté Wilfred de Bruijn. Nous voulons dire à tous ceux qui souffrent de discriminations ou de violences: la loi est de votre côté, la société est de votre côté. Ça donne de l’espoir.»

«L’HOMOPHOBIE N’EST PAS QU’UN MOT»
L’association SOS homophobie, qui s’est constituée partie civile, doit recevoir un euro symbolique de la part des trois hommes condamnés. Dans un communiqué, elle a salué le fait que les victimes portent plainte et fassent valoir leurs droits: «Grâce à leur courage et à leur volonté de témoigner, la France tout entière a pu voir que l’homophobie n’était pas qu’un mot et que les paroles d’exclusion et de haine, entendues depuis des semaines, nourrissaient une violence physique grandissante».

L’avocat de Malik, Yann Le Bras, a regretté que la sanction infligée à son client l’empêche de reprendre le travail, mais il parle malgré tout d’une «décision mesurée»: «Le tribunal a pris la mesure de la gravité des faits. Malik aussi a pris la mesure de ce qui s’est passé.» Si une nouvelle audience est prévue le 17 novembre pour que la justice se prononce sur l’expertise médicale, Olivier Couderc assure que son compagnon et lui sont désormais passés à autre chose et ont repris le cours de leur vie.

Sur Twitter, la maire de Paris Anne Hidalgo a réagi à l’annonce de cette condamnation:

Photo Julien Massillon