En moins d’une semaine, la vidéo publiée par Jeff et Hillary Whittington au sujet de leur fils trans’ a déjà été vue près de 3,5 millions de fois. Âgé de 6 ans, Ryland a pris conscience très tôt que son corps ne correspondait pas à son ressenti. Conscient.e.s que le taux de suicide est beaucoup plus élevé chez les trans’ que dans le reste de la population, ses parents ont fait le choix de démontrer au plus tôt la plus complète acceptation à son égard. Lors d’un événement annuel pour commémorer l’action d’Harvey Milk organisé par la communauté LGBT de San Diego la semaine dernière, une récompense a été décernée à cette famille. «L’une des actions les plus fortes qu’Harvey Milk a faites pour nous, c’est d’encourager les gens à sortir du placard, à faire entendre leur voix, à faire tomber les murs et les barrières pour que les gens puissent être vus pour eux-mêmes et qu’ils soient vrais envers eux-mêmes», a indiqué Jeff Whttington avant de dévoiler la vidéo ci-dessous, en ajoutant: «Voilà notre coming-out. Voilà comment nous voulons nous faire entendre…»

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«Au début de l’année 2007, nous avons eu la surprise d’apprendre qu’Hillary était enceinte de notre premier enfant. On nous a annoncé que nous aurions une fille. Nous avons décidé de l’appeler Ryland et avons tout préparé en fonction de ça. Elle était en bonne santé, belle, et heureuse. Aux alentours de son premier anniversaire, nous avons appris que Ryland était atteinte de surdité. Nous avons eu le cœur brisé, mais nous avons rapidement entrepris la pose d’implants cochléaires. Grâce à de nombreux efforts, Ryland est parvenue à entendre et à parler. Nous pensions avoir affronté les plus grandes difficultés, mais Ryland avait plus que ça à partager avec nous. Dès que Ryland a su parler, elle criait: “Je suis un garçon!”. Elle a commencé à détester tout ce qui pouvait sembler féminin.»

«Il aurait été plus facile de dire que Ryland était un “garçon manqué”. Certain.e.s nous ont dit que c’était “juste une phase”, mais le problème c’est que les phases ont une fin, alors que pour Ryland, c’était de plus en plus présent. Ryland a commencé à montrer des signes de honte. Elle nous a dit: “Quand toute la famille mourra, je me couperai les cheveux pour être un garçon”. En larmes, elle a demandé: “Pourquoi Dieu m’a faite comme ça?” Elle avait beau n’avoir que 5 ans, il nous fallait vraiment écouter ce qu’elle avait à dire. Il y avait quelque chose de plus en Ryland…»

«Nous avons fait appel à des professionnel.le.s et des expert.e.s tout en faisant des recherches de notre côté, et nous en sommes tou.te.s venu.e.s à la même conclusion: Ryland est transgenre. L’anatomie de Ryland correspond à celle d’une fille, mais dans sa tête, elle s’identifie à un garçon. Pendant nos recherches, nous avons découvert des chiffres troublants: 41% des personnes transgenres ont essayé de se suicider parce qu’elles ne sont pas acceptées par la société, alors que ce chiffre est de 4,6% aux États-Unis. Nous ne voulions pas prendre ce risque. Pour le bien-être de Ryland, il nous a été recommandé de lui permettre de faire sa transition le plus tôt possible. Nous lui avons coupé les cheveux, nous l’avons désigné au masculin, nous avons redécoré sa chambre, nous avons envoyé une lettre à nos proches pour leur expliquer le changement… Nous en avons perdu quelques-uns, mais celles et ceux qui comptent vraiment sont resté.e.s.»

«Nous avons appris que la plupart des enfants découvrent leur véritable genre entre 3 et 5 ans. L’identité de genre de Ryland n’est pas liée à notre comportement en tant que parents, à la structure de notre famille ou à des facteurs environnementaux. Et quand on compare avec toutes les choses horribles choses que certaines personnes endurent avec leurs enfants à travers le monde, ça, ce n’est rien. Il est toujours en bonne santé, beau et très heureux. Nous avons décidé d’être des parents qui ne mettent pas de conditions. Voici notre famille et voici notre incroyable garçon! “On ne gagne des droits que quand on se fait entendre”, disait Harvey Milk. Nous espérons nous faire entendre et contribuer à ce que ce monde montre plus d’amour et d’acceptation pour Ryland et pour la totalité de la communauté LGBTQ…»