Sur le modèle du «manifeste des 343» publié en 1971, pour appeler à la dépénalisation de l’IVG, un collectif a lancé le manifeste des 343 «fraudeuses» pour réclamer l’ouverture du droit à la PMA pour les couples de femmes:

C’est en apprenant qu’un juge peut aujourd’hui refuser de reconnaître la conjointe de la mère biologique d’un enfant, dans le cadre d’un couple de femmes ayant eu recours à la PMA, que Marie et Ewenne ont décidé de réagir. «Peu de temps avant la fête des mères, on a pris connaissance du témoignage d’un couple de femmes qui avait subi un véritable interrogatoire sur le mode de conception de leur enfant. Voir une telle injustice nous a mises en colère.» Elles ont alors rédigées ce manifeste aidées par quelques personnes: «C’est avant tout une démarche citoyenne, insistent-elles. Aujourd’hui, on peut accuser les couples de femmes de frauder quand elles ont recours à la PMA à l’étranger.»

Le collectif rappelle que malgré la loi du 17 mai 2013, l’égalité entre les familles n’est toujours pas d’actualité: «L’esprit de la loi était de permettre de créer des liens parentaux entre l’enfant et le parent social, personne qui l’élève, pourvoit à son éducation et avec lequel il entretient des liens affectifs. Alors que ces adoptions ont été entérinées à Lille, Montpellier, Clermont-Ferrand, Le Mans (…) sans difficulté, certains tribunaux les refusent en arguant d’une fraude à la loi pour les couples ayant fait une PMA. Or, le mode de conception de l’enfant ne fait pas partie des éléments demandés quand une adoption concerne un couple hétérosexuel et la loi sur l’adoption est la même pour tous.» Pour donner du poids à leur action et assurer sa diffusion, Marie et Ewenne ont sollicité le journal Libération: «Quand on aura atteint 343 signatures, le manifeste sera publié en Une du quotidien.»

Pour signer le manifeste, envoyez vos nom et prénom à manifestedes343fraudeuses@gmail.com en précisant «Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir eu recours à une insémination avec donneur afin de fonder une famille» (si vous êtes une femme inséminée ou conjoint.e d’une femme inséminée) ou «Je déclare apporter mon soutien au MANIFESTE DES 343 « fraudeuses »» (concerne tous les hommes/femmes non-signataires, associations…).