AUXERRE
250 personnes dans les rues pour la troisième Marche des Fiertés d’Auxerre, et un bel accueil de la part des habitant.e.s: «L’année dernière, on avait entendu quelques insultes, se souvient Fabrice Donat de l’association Traits d’Union. Cette année nous avons parcouru tout le centre-ville, nous avons donc été encore plus visibles, et les gens se montraient aux fenêtres ou sortaient des magasins». À l’arrivée sur le quai de l’Yonne, le concert des King’s queer a renforcé le discours militant de la Marche: «Je ne vous cache pas qu’un concert comme celui des King’s queer, j’avais peur que ça coince à Auxerre. L’année dernière on avait de la musique gentillette, un guitare-voix, cette année ça envoyait quand même du lourd! Mais les habitant.e.s des quais dansaient aussi. Si j’avais peur, c’est surtout à cause des propos de Richard Jacob, un ancien élu FN, viré du parti depuis. Il méprisait la Marche, disant qu’il y aurait des personnes nues dans la rue…» Richard Jacob a été condamné le 7 mai à huit mois de prison avec sursis pour violences et provocation à la haine.

NANCY
1500 personnes dans la rue pour une ambiance militante et festive. Delphine Ravisé-Giard, la porte-parole de l’Association nationale transgenre (ANT) qui co-organisait la Marche pour la deuxième année consécutive, se félicite de la portée des revendications: «Cette année, nous n’avons pas donné la parole à la ville de Nancy qui soutient le conseiller municipal Pierre de Saulieu, délégué aux écoles et ancien responsable régional de la “Manif pour tous”. Il a affirmé qu’il ne marierait jamais un couple de personnes du même sexe, et la ville fait la sourde oreille». Delphine souligne la visibilité des revendications des personnes trans’ dans la Marche de Nancy, grâce à l’implication de l’ANT: «C’est sans doute dans cette Marche que l’on nous voit le mieux, dit-elle. Il est urgent de mettre en place la changement d’état civil libre et gratuit». Jérémy Baudoin, le président de l’association Équinoxe, partage le bilan de Delphine Ravisé-Giard. Et signale, tout comme elle, un incident: à l’arrivée sur la place Charles III, six personnes masquées ont déployé une banderole indiquant: «Allez brûler en enfer». Le tout entouré de deux croix celtiques et de fumigènes bleus et rouges. «L’association va porter plainte dans les prochains jours. Les jeunes fascistes avaient déployé leur banderole sur le toit d’un centre commercial, et avec les fumigènes on ne pouvait pas la louper. Il y a eu un mouvement de foule, ils se sont enfuis», déplore Jérémy. De quoi rappeler à celles et ceux qui jugent les Marches des Fiertés inutiles et/ou provocantes que l’homophobie court encore les rues.

Photos Traits d’Union / Patrick Roberstein