Le débat qui s’était ouvert autour du livre Tous à Poil! n’était pas celui qui aurait dû avoir lieu, soutient Lionel Labosse, qui aime préciser qu’il a été un des rares militants «altersexuels» opposés à l’ouverture du mariage, sur son blog altersexualité. Alors que la question principale était de savoir si le livre était propre à être présenté aux enfants, cet enseignant, auteur et éditeur, s’interroge sur les dangers de la censure.

«Il ne faut jamais prendre à la légère les tentatives de censure, car même quand elles sont ridiculisées, elles gagnent quand même, par le sentiment de peur, l’autocensure qu’elles suscitent, et le parfum d’opprobre qu’elles laissent traîner derrière elles», insiste-t-il. Il s’interroge également sur l’existence même de listes de livres recommandés par l’Éducation nationale, peut-être utiles à une époque mais obsolètes à l’heure d’internet: «Le principe devrait être la responsabilité et la liberté de choix des professionnels de la lecture que sont bibliothécaires, documentalistes et enseignants».

Il milite, enfin, pour l’abrogation de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, qu’il qualifie de «liberticide».

«Ce qu’il nous faut défendre, et ce qu’un gouvernement de gauche devrait défendre pendant qu’il en est encore temps, ce sont des principes, souligne-t-il. Principe d’absence de censure, principe de liberté pédagogique, principe de responsabilité professionnelle.

«À quelques jours d’élections municipales qui vont voir des mairies de grandes villes basculer au Front national, et connaissant l’interventionnisme de ce parti auprès des bibliothécaires, la gauche (…) a raté une occasion de rappeler un principe fondamental de la démocratie: quel qu’il soit, le pouvoir n’a pas à chercher à diriger nos choix de lectures…»

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