L’organisation militante irlandaise Gay and Lesbian Equality Network (GLEN) a publié le 3 mars dernier les résultats d’une étude sur les conditions de travail des personnes LGBT. Alors que cette étude effectuée sur 590 employé.e.s à temps plein d’entreprises irlandaises révèle qu’un tiers des personnes interrogées ont été ou sont victimes de harcèlement, la conclusion est qu’un environnement sain où les personnes peuvent être elles-mêmes et où leur différence est reconnue et acceptée favorise un meilleur dynamisme pour l’entreprise elle-même.

«On ne peut qu’être d’accord avec ce genre de conclusion, remarque Catherine Tripon, porte-parole de l’association LGBT de lutte contre les discriminations au travail L’Autre Cercle. Ce sont les propos que nous tenons depuis toujours, même si l’on ne peut comparer deux pays différents. De manière internationale, de bonnes conditions de travail sont un élément essentiel au bon fonctionnement d’une entreprise.

«Le jour où les entreprises françaises accepteront de prononcer le mot ‘placard’, en d’autres mots qu’elles reconnaitront l’existence même des personnes LGBT au sein de leur entreprise alors on arrêtera de découvrir les cadavres de ces fameux ‘placards’.»

L’introduction de l’étude annonce la couleur: «L’égalité dans les espaces de travail est une priorité essentielle lorsqu’il s’agit d’employé.e.s lesbiennes, gays, bisexuel.le.s ou transgenres, pour GLEN et pour les employeurs qui ont compris que de meilleurs employeurs créent un meilleur environnement de travail, ce qui est mieux pour les affaires.»

Trois thèmes essentiels ressortent de l’étude: les raisons pour lesquelles un.e employé.e décide de sortir ou non du placard, les relations qu’il ou elle entretient avec ses collègues et les relations qu’il ou elle entretient avec es supérieur.e.s hiérarchiques. L’ensemble est illustré de témoignages, auxquels viennent s’adjoindre les recommandations de GLEN.

 «Ma boss a apprécié que je me confie à elle, ça nous a donné un moment de proximité que nous n’avions jamais auparavant», livre ainsi une lesbienne de 28 ans de Dublin.

L’un des points centraux, pouvoir affirmer sa différence même auprès de ses supérieur.e.s,  permet de se sentir plus en confiance et donc plus efficace au sein de l’entreprise. Pour cela, il faut que les cadres comprennent les raisons qui poussent une personne à rester dans le «placard» ou à en sortir. Ce qui devient compliqué si la direction ne reconnait pas l’existence des LGBT au sein de la société.

Les rapports entre collègues s’en retrouvent changés pour le meilleur lorsque l’employé.e lesbienne, gay, bi.e et/ou trans’ s’assume auprès de ses collègues. «Mes collègues ne parlaient jamais de moi et le fait que je m’assume m’a valu leur reconnaissance et une certaine admiration», souligne une lesbienne de 41 ans de Dublin.

Mais il faut aussi que l’homophobie des moins tolérant.e.s ne soit pas acceptée de la part des collègues les plus ouvert.e.s. Soutenir ses collègues fait également partie d’une bonne inclusion au sein de l’équipe.

Le plus souvent, les personnes qui ont affirmé leur différence ont évacué ces problématiques. Alors que celles et ceux qui cachent leur orientation se retrouvent à mentir par omission de peur d’essuyer des moqueries ou de perdre leur emploi.

Encore une fois, plus les conditions de travail sont bonnes, quelle que soit la personne, plus l’entreprise bénéficie des qualités de chacun.e et plus elle est dynamique. Comme le montre l’exemple des plus grandes multinationales américaines telle que Facebook ou encore Apple.

Lire l’étude en intégralité (en anglais).

Via Queerty.