Le site AfterEllen rapporte qu’une doctorante américaine, Mollie Ruben, a mené une étude autour du gaydar chez les lesbiennes. Si la capacité à détecter les homos a déjà fait l’objet de recherches, la plupart d’entre elles s’appuyait sur l’expérience d’hommes gays. Celle menée à Northeastern University a eu pour but de comprendre la capacité des femmes à déterminer la sexualité des autres. Mais l’intérêt de l’étude est aussi qu’elle ne se fondait pas essentiellement sur l’orientation sexuelle, mais aussi sur d’autres critères, les émotions, les pensées et la personnalité.

Des entretiens filmés de cinq minutes ont été menés auprès de neuf sujets, dont quatre étaient hétérosexuelles et cinq étaient lesbiennes. Les neuf femmes ont ensuite été amenées à regarder leur vidéo en notant les émotions qu’elles avaient ressenties à des moments précis. Toutes les vidéos ont été montrées à un panel de femmes (composé de 67 hétérosexuelles et 43 lesbiennes), qui devaient deviner à chaque moment défini par les sujets quelles étaient leurs émotions. Elles devaient par ailleurs tenter de cerner leur personnalité et leurs traits de caractère. C’est leur capacité de déduction qui a ensuite été évaluée selon quatre critères (émotions, pensées, personnalité et orientation sexuelle) par les chercheuses: «À la fin, ce qu’elles ont découvert était plutôt surprenant, explique la journaliste scientifique Angela Herring. Alors que les lesbiennes étaient meilleures pour trouver l’orientation sexuelle des sujets, les femmes hétérosexuelles se débrouillaient mieux pour deviner les pensées et les émotions. Elles étaient particulièrement douées lorsque le sujet était hétéro comme elles. Les deux groupes ont été aussi bons l’un que l’autre pour prédire les traits de personnalités.»

Les chercheuses qui ont mené cette expérience ont leur petite idée sur la raison qui fait que les lesbiennes semblent véritablement douées d’un gaydar: elles auraient trouvé «plus intéressant, motivant et enrichissant de déterminer l’orientation sexuelle d’autres femmes, au lieu de trouver leurs pensées, leurs émotions ou leur personnalité». D’après elles, les hétérosexuelles se seraient moins concentrées sur la question de l’orientation sexuelle. Néanmoins, elles rappellent que cette étude a ses limites, notamment du fait qu’elle a été menée à Boston, où la probabilité d’être confronté à des opinions réactionnaires concernant l’homosexualité est moindre. Par ailleurs, les participantes ne constituent pas un échantillon représentatif dans la mesure où elles ont été recrutées sur les sites LGBT ou par relations amicales.

À lire sur AfterEllen.

Illustration Guéna (La vie désespérée de Guéna #6 – GAYDAR)