L’idée lui est venue alors qu’elle était en chemin vers le Centre LGBT de Paris – Ile-de-France pour un débat à l’approche des élections municipales animé par la journaliste de Yagg Bénédicte Mathieu. Danielle Simonnet, candidate à la mairie de Paris pour le Front de Gauche, a suggéré la création d’une carte destinée à tou.te.s les habitant.e.s de la capitale et sur laquelle il serait possible de choisir son identité de genre sans avoir à fournir de justificatif. Si les changements d’état civil ne sont pas de la compétence municipale, elle estime que cela permettrait de «bousculer les consciences pour changer la loi».

«LUTTE CONTRE LA TRANSPHOBIE»
«Pour que l’idée fonctionne, il faut que tout.e.s les Parisien.ne.s trouvent un avantage au fait d’avoir cette carte, précise-t-elle. Celle-ci pourrait permettre d’obtenir des réductions dans les piscines ou les cinémas, par exemple, ou même dans des expositions. Et au dos de la carte, on pourrait inscrire que Paris s’engage pour les droits des personnes LGBT, pour les sans-papiers, pour tout le monde sans distinction d’origine. Cela permettrait de développer la fierté d’être Parisien.ne et l’adhésion à ces valeurs, tout en étant un levier de lutte contre la transphobie.»

Danielle Simonnet indique ne pas avoir eu le temps d’en discuter avec les associations de défense des personnes trans’, mais compte porter cette mesure devant le Conseil de Paris, quelle que soit l’issue des élections municipales. «Je crois que cela permet de restaurer la blessure infligée par la République, explique la candidate à la mairie de Paris. Et cela souligne l’engagement de la ville pour parvenir à une législation comparable à celle qui est en vigueur en Argentine. On peut même imaginer des cérémonies en mairie pour marquer l’événement. L’identité de genre inscrite sur la carte n’aurait pas de valeur juridique, mais comme pour le mariage de Bègles, il s’agirait d’une évolution symbolique qui appelle un changement législatif.»

Cette mesure concrète rendrait incontournable la formation des agents municipaux à l’accueil des personnes trans’ et aux difficultés que celles-ci peuvent rencontrer lorsqu’on leur demande de fournir des documents d’identité. «Après tant de situations humiliantes, pouvoir présenter cette carte pourrait faciliter la compréhension», veut croire Danielle Simonnet.

Photo Capture