Sur le site Txy, qui se présente comme une «communauté solidaire pour une promotion active et positive de la Transidentité», Julie Mazens a publié un billet d’humeur dans lequel elle raconte une anecdote révélatrice des difficultés auxquelles sont confrontées, au quotidien, les personnes trans’. Lorsqu’elle a souhaité modifier son prénom dans son compte client Canal+, la procédure ne devait à première vue pas poser problème, puisque «Julie» figure sur son compte Apple, sur sa carte RATP et sur toutes les cartes de fidélités qu’elle possède. «C’est donc avec une très grande confiance que je me suis connectée à mon compte Canal+ pour modifier mon identité, pour recevoir le journal au nom de Julie, pour recevoir mes newsletters au nom de Julie… et même recevoir une facture au nom de Julie», écrit-elle.

«MON COMPTE BANCAIRE NE VOUS SUFFIT PAS?»
Après avoir rempli le formulaire destiné à faire ce changement sur le site de la chaîne, elle apprend qu’elle recevra un courrier… Courrier qui non seulement lui est adressé à son ancien prénom masculin, mais lui demande aussi de fournir un justificatif prouvant son identité: «Ce qui me fait moins marrer, c’est la teneur du courrier. L’esprit Canal, c’est aussi des pratiques commerciales indignes et d’un classicisme affligeant pour une société qui se veut décalée. En gros, je dois justifier légalement de mon changement d’identité pour consommer vos produits. Mon compte bancaire ne vous suffit pas? […] Alors Canal+, officine des renseignements généraux? filiale du ministère de l’Intérieur? émanation d’un régime totalitaire?» En outre, elle raconte qu’une autre abonnée à la chaîne a connu la même mésaventure.

CANAL+, CHAINE DÉCALÉE EN APPARENCE
Julie Mazens critique enfin l’image décontractée que se plait à entretenir la chaîne, une image tolérante et gay-friendly, bien dans son époque, et finalement pas si sincère: «Alors Canal+, l’esprit Canal décalé mariage pour tous et fluidité des genres (Stromae au Grand Journal ou la série Hit & Miss), c’est juste pour la façade des CSP moins… C’est pas un des patrons de Canal qui disait: « Et, dans les études, eux, qu’est-ce qu’ils nous disent? N’utilisez pas votre intelligence juste pour vous foutre de nos gueules. C’est assez dur comme ça d’être pauvres. Si en plus vous nous prenez pour des cons. Faites-nous marrer, d’accord, mais pas à nos propres dépens… il ne sera bientôt plus si facile d’humilier les ploucs avec leur assentiment bienveillant, le fonds de commerce de Canal depuis des années. »»

À lire sur Txy.