Publié sur le site de L’Express, un article intitulé Le plan secret de l’ultra-droite entend révéler les coulisses de la montée des groupuscules nationalistes et des mouvements réactionnaires, notamment depuis les débats autour du mariage pour tous, qui aujourd’hui se rassemblent et se trouvent engagés autour des mêmes thèmes: «Après s’être réveillée, l’ultra-droite française est désormais en train de se fédérer autour de dénominateurs communs. Présente à l’intérieur mais, surtout, en dehors des murs des partis politiques traditionnels, cette mouvance qui va de l’Action française, royaliste, aux catholiques, intégristes ou pas, en passant par les plus motivés des combattants du mariage homosexuel, veut rétablir un modèle de société. Elle s’appuie sur les « trois points non négociables » édictés par l’ancien pape Benoît XVI en 2006: la protection de la vie à toutes ses étapes; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille; la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.» Un changement que n’aurait pas vu venir la toute première égérie des anti-égalité: «Si Frigide Barjot s’est fait exclure de la « Manif pour tous » après un an de mobilisation, c’est sans doute pour n’avoir pas compris qu’il y avait un projet plus vaste que l’éphémère combat contre une loi: lutter contre un changement de civilisation. Entre la famille sans histoires des défilés bleu-blanc-rose et l’étudiant du GUD aux slogans musclés, peu de points communs à première et à deuxième vue.»

TEA PARTY
Selon l’article, les ultras-conservateurs/trices seraient en train de rêver d’un Tea Party à la française, capable d’intervenir dans tous les débats politiques et de s’immiscer dans tous les rendez-vous électoraux: «C’est exactement ce que fait la « Manif pour tous » avec sa charte pour les élections municipales, qu’elle soumet à la signature des candidats. Pour les européennes, cette charte au contenu très bioéthique pourrait être élargie à des questions fiscales, d’immigration ou de liberté d’expression, afin d’attirer à elle plus de soutiens.»

LES DIVAGATIONS DE JULIEN DRAY
L’article explique aussi qu’une partie de la gauche s’agace de l’action du gouvernement sur certaines questions de société et mentionne Julien Dray, qui n’a visiblement pas intégré le message au sujet de l’enseignement de l’égalité homme/femme. Il critique avec virulence l’action de Najat Vallaud-Belkacem: «La théorie du genre (sic) à l’école, c’est la conséquence de l’influence d’un féminisme qui s’est radicalisé. Najat [NDLR: Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes], elle, est sur la ligne des féministes ultras américaines, qui sont en train d’émasculer les sexes!» Un commentaire qui semblerait sorti tout droit de la bouche d’un.e porte-parole de la «Manif pour tous», et non de celle d’un député PS. Pour Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture lui aussi cité dans l’article, ce serait davantage une affaire de précipitation et un manque de préparation, qui ont fait sortir les réactionnaires: «Les questions familiales, la représentation du père, etc. Ce ne sont pas des petits sujets. Et nous? On y va! Boum! Dedans! Sans trouver les bons mots, sans avoir le temps de les expliquer.»

À lire sur l’Express.fr.

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