Un petit pavillon en banlieue parisienne. Un rez-de-chaussée saturé par des armoires et des étagères pleines de livres, de dossiers et de documents en tous genres. « Et à l’étage, c’est presque pareil! », préviennent en riant Phan Bigotte, alias Hoàng, et Thomas Leduc (photo), les propriétaires des lieux. Leur association, l’Académie gay et lesbienne, fondée en 2001, rassemble sans doute le plus important fonds d’archives LGBT en France, avec celui de la bibliothèque de Lyon (Lire Archives LGBT: où sont nos mémoires?). On y trouve pêle-mêle des archives associatives, des flyers, des DVD et des VHS, des revues LGBT françaises ou étrangères (la plus vieille date de 1909) ou des archives personnelles, comme celles de Philippe Labbey et Cleews Vellay, respectivement anciens président du Centre Gay et Lesbien de Paris et d’Act Up-Paris. Le tout est en cours d’archivage sur leur site web.

UN LOCAL
Pour l’instant, Thomas et Hoàng stockent tout chez eux. Mais la place commence à manquer. Aussi recueillent-ils volontiers ce que l’on dépose chez eux, mais sans démarcher qui que ce soit non plus. Leur principal défi désormais: trouver un local à Paris ou dans la proche banlieue afin que ces archives puissent être consultables par le plus grand nombre, étudiants ou simples curieux. « Nous ne voulons pas d’argent, juste un local », martèle Hoàng.  Une pétition a été lancée pour interpeller les pouvoirs publics sur le sujet.

Thomas et Hoàng – le premier, documentaliste, est aussi posé et discret que le second, ancien libraire, est volubile – nous ont guidé à travers leur Conservatoire des archives et mémoires LGBT.  Une visite passionnante, et parfois émouvante, que nous vous retraçons en sons et en images.

 

Son Dimitri Jean

Ci-dessous, notre galerie photo:

Photos Xavier Héraud

Le site du Conservatoire des archives et mémoires LGBT de l’Académie Gay et Lesbienne.