Suite à la confirmation de l’absence de la PMA dans le projet de loi Famille, de nombreuses associations féministes et LGBT se sont mobilisées (voir le reportage de Yagg sur la manifestation du 6 janvier) pour signifier leur mécontentement au gouvernement de François Hollande. Le magazine ELLE a décidé de faire réagir la ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti pour savoir si oui ou non l’ouverture de la PMA allait être enterrée. L’interview a été publiée ce matin sur le site du magazine.

LA LOI FAMILLE NE DOIT PAS ÊTRE «SOUMISE AU CALENDRIER DU COMITÉ D’ÉTHIQUE»
La journaliste Isabelle Duriez revient d’abord sur les raisons qui ont amené la ministre à ne pas inclure la PMA dans la loi Famille. Comme sur BFM vendredi dernier, l’attente de l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique est mis en avant par Dominique Bertinotti: «Cet avis n’est pas attendu avant avril-mai 2014 et le sujet devrait être débattu lors d’états généraux de bioéthique. Le Président ne se prononcera pas avant sur cette question. La loi sur la famille que je prépare traite de questions du quotidien auxquelles sont confrontées toutes les familles. Son fil conducteur est la protection et la sécurité de l’enfant. Elle ne saurait être soumise à un calendrier qui est celui du CCNE.»

«FAIRE LES CHOSES DANS L’ORDRE»
Cependant la ministre nie vouloir enterrer l’ouverture de la PMA et argue que le CCNE doit prendre son temps: «Le CCNE ne travaille pas dans l’urgence et l’on peut lui faire confiance pour rendre des avis circonstanciés et argumentés, comme pourra l’être par exemple celui qu’il va rendre sur la fin de vie et suite à l’avis citoyen sur le même sujet. Il ne répond pas par oui ou non, mais prend en compte tous les enjeux. Pourquoi n’attendrait-on pas qu’il se prononce? Il est de la responsabilité de l’exécutif de faire les choses dans l’ordre.»

NE PAS DIVISER PLUS PROFONDÉMENT LA SOCIÉTÉ
Avant tout, la ministre appelle au calme et affirme que l’approche des municipales ou la crainte d’une levée de boucliers similaire à celle observée dans les débats sur le mariage et l’adoption pour tous ne sont pas les causes qui ont fait que la PMA est sans cesse reconduite: «Notre société a besoin d’apaisement. Nous avons besoin de pouvoir débattre de manière sereine d’enjeux aussi importants que l’encadrement de la PMA. Rien ne serait pire que d’avoir, au lieu d’un tel débat, une succession de présupposés qui ne feraient que diviser plus profondément notre société. Je suis la ministre de toutes les familles: la loi que je défends portera sur l’adoption, sur l’accès aux origines des enfants, sur les droits du beau-parent, sur la médiation en cas de séparation… Je ne peux subordonner ces sujets essentiels à celui de la PMA.»

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