À une centaine de jours de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, les associations LGBT russes continuent de se mobiliser. De son côté, le Comité International Olympique a effectué sa première visite du site des Jeux cette semaine, l’occasion pour le président russe d’assurer que spectateurs/trices et participant.e.s seraient bien accueilli.e.s «quelles que soient leur nationalité, leur appartenance ethnique ou leur orientation sexuelle».

DES JEUX GAYS A MOSCOU
La fédération sportive LGBT russe est actuellement en train d’organiser des «jeux gays» à Moscou. Ils auront lieu quelques jours après la clôture des Jeux de Sotchi, soit du 26 février au 2 mars 2014, afin de bénéficier de la présence des médias internationaux pour couvrir l’événement. Mais ces jeux ne risquent-ils pas de tomber sous les coups des lois contre la «propagande homosexuelle»? Tout d’abord, contrairement à l’organisation d’une gay pride, celle d’une compétition sportive ne nécessite pas une autorisation, ce qui facilite déjà la tâche des organisateurs/trices. Mais ils/elles doivent néanmoins prévenir le ministère des Sports, la mairie de Moscou et la police. «Je n’ai pas peur, je suis inquiet, admet Viktor Romanov le président du conseil d’administration de la fédération, on ne sait pas comment le gouvernement va réagir.» La fédération a déjà préparé son argumentaire pour défendre la tenue d’un événement sportif LGBT-friendly: «Nous ne tombons pas sous le coup de cette loi dans la mesure où nous ne faisons pas la propagande de l’homosexualité, mais la propagande du sport et d’un mode de vie sain», insiste Viktor Romanov. Fondée en 2010, la fédération sportive LGBT russe compte aujourd’hui 800 membres à travers le pays et parvient à poursuivre son activité malgré la promulgation des lois homophobes.

UNE PRIDE HOUSE A SOTCHI?
Malgré l’opposition du ministre de l’Intérieur russe à une Pride House à Sotchi puisqu’elle risquerait de «corrompre les mœurs publiques et demeure à l’opposé de la politique nationale sur la famille, la maternité et les enfants», l’ONG responsable de ce projet est en train de contourner l’interdiction. «Nous sommes en discussion avec quelques comités olympiques nationaux pour qu’ils nous offrent un ou plusieurs jours ou soirs de programmation dans la lignée des Pride Houses précédentes, explique Lou Englefield, coordiantrice de Pride House International.

THOMAS BACH RASSURÉ PAR VLADIMIR POUTINE
Pour sa première visite du site olympique de Sotchi en début de semaine, le président du Comité International Olympique Thomas Bach a été reçu par Vladimir Poutine qui l’a rassuré sur le sujet du respect des droits humains: «Tous les visiteurs se rendant à Sotchi pour les Jeux seront accueillis ici de la même façon, sans distinction de race, de sexe ou d’orientation sexuelle – ceci a été  très clairement affirmé par les autorités russes, a insisté Thomas Bach. Les Jeux proprement dits sont ouverts à tous, sans discrimination, et ceci s’applique aux spectateurs, aux officiels, aux représentants des médias et naturellement aux athlètes. C’est là un principe fondamental du Mouvement olympique qui sera respecté à Sotchi.» Sollicité par des associations LGBT telles que Coming Out Saint-Petersbourg, le festival du film LGBT Bok-o-Bok, ou Russian LGBT Network, Thomas Bach a cependant décliné leur invitation.

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