Dimanche dernier, Simon, un jeune homme de 21 ans s’est donné la mort à Rome en se jetant du haut de l’usine Pantanella. Dans une lettre, il faisait part du harcèlement et des insultes qu’il subissait en raison de son homosexualité: «L’Italie est un pays libre, mais il y a de l’homophobie et ceux/celles qui ont ces attitudes devront faire face à leur conscience». Une enquête a été ouverte pour incitation au suicide.

TROP DE RETARD POUR PROTÉGER LES LGBT
Suite à cette tragédie, la ministre déléguée à l’Égalité des chances, Maria Cecilia Guerra a rappelé que la lutte contre les discriminations étaient l’affaire de chacun.e: «Je ressens une profonde tristesse pour celui qui a décidé de renoncer à vivre parce qu’il se sentait « mal », et me joins à la douleur de sa famille. Nous avons tou.t.e.s des responsabilités, chacun.e à sa manière: les institutions, l’école, la famille, les médias, et je ne compte pas fuir les miennes. Je suis bien consciente que nous devons faire beaucoup plus.» Le maire de Rome, Ignazio Marion a quant à lui réagi vivement en apprenant la mort du jeune Simon: «Je n’appellerais pas ça un drame mais le fruit de l’arriération culturelle de notre pays sur la question des droits. Nous devons éradiquer la violence de ceux qui sont à l’origine de ces terribles événements. Ce sont des blessures que Rome ne peut accepter.»

«COMMENT SE FAIT-IL QUE NOUS N’AVONS PAS ÉTÉ EN MESURE DE LUI VENIR EN AIDE?»
Dans une tribune publiée sur le site Affaritaliani, Marco Canale, le président de l’association LGBT Anddos questionne lui aussi la responsabilité: «Cette récente tragédie s’est passée à Rome, où ne manquent certainement pas de lieux de réunion, d’associations LGBT, d’amis, constate Marco Canale. Je me demande comment il est possible que ce garçon n’ait pas été entendu par tout le monde et, s’il l’a été, comment se fait-il que nous n’avons pas été en mesure de lui venir en aide?». Marco Canale considère que l’Église catholique, ainsi que les politiques entretiennent la stigmatisation des LGBT et continuent à les traiter comme des citoyen.ne.s de seconde zone, en s’opposant à l’égalité des droits, en refusant des lois condamnant l’homophobie et la transphobie.

LE SUICIDE DE SIMON N’EST PAS UN CAS ISOLÉ
Le suicide du jeune Simon a fait ressortir le cas d’un jeune gay, Andrea Manes, qui avait mis fin à ses jours en novembre 2012, à l’âge de 15 ans. Aujourd’hui sa mère témoigne pour que d’autres jeunes LGBT gardent espoir. Elle a écrit un livre où elle raconte comment son fils a été victime d’harcèlement à l’école et comment elle a découvert le groupe Facebook créé contre lui. «Andrea était fatigué d’être taquiné, montré du doigt, coincé dans un rôle dans lequel il ne se reconnaissait pas» maintient Teresa Manes. Depuis un an, trois jeunes se sont suicidés parce qu’ils étaient victimes d’homophobie à Rome.

LE GOUVERNEMENT DOIT AGIR
Hier soir à 22h, une manifestation a eu lieu à Rome en hommage à Simon et pour exhorter le gouvernement italien à prendre des mesures concrètes contre l’homophobie et la transphobie. Le suicide des LGBT est une véritable inquiétude pour les associations LGBT comme l’explique Fabrizio Marrazzo, porte-parole du Gay Center: «Les suicides ou tentatives de suicides de jeunes homosexuels sont un fait alarmant. À notre Ligne Verte Aide Gay Écoute, nous recevons 20 000 appels par an. Un.e homosexuel.le. sur dix a déjà pensé à se suicider. Il est temps de dire assez.»

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