Réalisé par Anaïs Sartini, le court-métrage Spasibo (merci en russe) est né dans des circonstances particulières: suite à la censure de son film Entre les corps en 2012 au festival Les Saisons Parisiennes à Saint-Pétersbourg à cause de la loi fédérale entrée en vigueur en mars 2012, la réalisatrice a eu l’idée de parler de l’invisibilité des LGBT en Russie et de la disparition progressive de la culture et des lieux LGBT: «Nous avions à cœur de réagir face à cette censure, de défendre nos droits et d’apporter notre soutien à la communauté LGBT russe», explique l’équipe de film.

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Arrivé à Saint-Pétersbourg pour participer à un festival, Clément, un jeune comédien, découvre progressivement qu’il ne parvient pas à communiquer avec les gens qu’il croise. Il rencontre Andrei, seule personne qui semble le voir et l’entendre, et va alors comprendre pourquoi certaines personnes sont devenues invisibles au regard de la société saint-pétersbourgeoise… Intimiste et engagé, Spasibo touche juste car il montre concrètement l’impact des lois anti-propagande LGBT et la négation de la vie de milliers de personnes.

Le film a été tourné en Russie, mais bien entendu dans une certaine discrétion, comme le raconte l’équipe du film: «À Saint-Pétersbourg, nous avons cherché des lieux, bars, clubs ou associations, pour procéder à un casting sauvage. Nous avons fait la connaissance de la communauté d’un bar gay de Saint-Pétersbourg qui nous a aidé à recruter, via les réseaux sociaux, un comédien russe non-professionnel, Andrei Odintsov. Le tournage a ainsi pu se dérouler dans de bonnes conditions grâce à l’engagement de toutes les personnes que nous avons rencontrées sur place.» Spasibo a été récompensé par le Prix spécial des Droits humains du festival Cinéma et Droits Humains d’Amnesty International.

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