Elle fait partie des ces rappeuses avec lesquelles il va falloir désormais compter. À 22 ans, Angel Haze compte déjà à son actif des collaborations avec Jay Z, Kanye West ou encore Kendrick Lamar. En outre, elle vient s’ajouter à la liste des personnalités du rap qui soutiennent la communauté LGBT.

UN NOUVEAU «SAME LOVE»
Le 21 octobre, la rappeuse a diffusé sur le web sa version de l’hymne pro-égalité de Macklemore et Ryan Lewis Same Love, qu’elle s’est appropriée au point d’en changer les paroles… pour parler de sa propre enfance:
«À 13 ans, ma mère savait que je n’étais pas hétéro
Elle ne comprenait mais elle n’avait pas besoin de le dire
Elle m’a fait asseoir sur le canapé, m’a regardée droit dans les yeux et dit
« Tu brûleras en enfer ou tu mourras du sida »
C’est marrant maintenant, mais à 13 ans, ça fait mal
D’être sûre de ce qu’on est et de le voir détruit
Et je suis désolée si ça paraît trop sérieux pour certains à piger
Mais la haine pour ceux que vous aimez n’est pas vraiment ce que vous aviez imaginé»

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Dans sa reprise, Angel Haze raconte le rejet de sa mère qui est allée jusqu’à la faire enfermer. Si elle a décidé de reprendre le tube de Macklemore et de mettre ses propres mots à la place, c’est notamment par qu’elle considère que la chanson originale n’allait pas assez loin: «ça ne parle pas des expériences des gens comme moi, des gens qui appartiennent à une minorité.» Non seulement Angel Haze a des origines africaines et natives-américaines, mais elle se définit aussi comme pansexuelle. «L’amour n’a pas de limites. Si tu me fais ressentir quelque chose, si tu me fais rire – et ce n’est pas évident – alors je peux être avec toi. Je me fiche que tu aies un vagin, ou que tu sois hermaphrodite ou quoi que ce soit», avait-t-elle déclaré dans une interview au Guardian en 2012.

De son côté, Macklemore ne s’est pas offusqué de cette appropriation, bien au contraire, et a tweeté le lien pour que ses fans découvrent eux/elles aussi l’excellente reprise.

PUNK RAP
Ce n’est pas la première fois qu’Angel Haze parle de son expérience personnelle dans ses chansons. En 2012, elle avait notamment raconté le viol qu’elle a subi dans un remix de Cleaning Out My Closet, une chanson du rappeur Eminem. Un choix loin d’être anodin pour la jeune femme qui apprécie profondément l’artiste malgré les controverses qui l’entourent: «Il utilise une imagerie sexuelle violente. Les gens ne comprennent pas toujours que la musique d’Eminem est guidée par l’émotion. Pour moi, je ne vais pas le cibler car j’aime tout ce qu’il a fait.» Rebelle, Angel Haze se joue des codes que son style de musique lui impose.

Elle s’est auto-proclamée la princesse punk rap, préfère qu’on la voit rock star que rappeuse: «Les rock stars font ce qu’elles veulent. Elles n’ont pas à obéir à tous ces clichés – tu dois être un voyou, tu dois t’être pris une balle, tu dois être tellement fort que personne ne pourrait penser que tu es gay. En tant que rappeuse, tu dois vendre ton corps, tu dois être attirante, tu dois jouer les salopes. On ne voit jamais des rockeuses à qui on dit « Enlève tes vêtements, sois sexy ». Je veux avoir cette liberté mais pouvoir encore dire ce que je veux en tant que rappeuse.»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=U7bZ08RNUyM

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Crue, grande gueule, impétueuse, Angel Haze est aussi capable de surprendre dans un autre registre que le rap: sa version acoustique du Wrecking Ball de Miley Cyrus prend littéralement aux tripes et parvient finalement à surpasser l’original en intensité. Une artiste pleine de surprises à suivre de près.

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Photo Jørund Føreland Pedersen