La scène a eu lieu le 20 septembre au Tchad. Deux hommes, dont l’un habillé en mariée, ont célébré leur union en présence de plusieurs proches dans un bar du quartier Taradona dans la ville d’Abéché. Alertée par des passant.e.s, la police a fait irruption pendant la cérémonie et a emmené les deux mariés, ainsi que toutes les personnes présentes témoins de l’événement. Auditionnés au commissariat, les deux hommes ont été ensuite maintenus en garde à vue puis déférés à la maison d’arrêt. L’un des deux serait musicien et rendrait régulièrement hommage à François Hollande et à Barack Obama pour leur soutien à l’égalité des droits pour les gays et les lesbiennes.

«OUTRAGE À LA PUDEUR»
Une semaine après les faits, l’affaire est passée au tribunal de grande instance d’Abéché. Le procureur a qualifié l’acte d’«outrage à la pudeur», selon l’article 271 du code pénal tchadien qui ne condamne pas explicitement l’homosexualité. Les deux hommes ont alors été condamnés à deux ans de prison ferme et à une amende de 50000 francs CFA. Une femme, considérée comme complice, a elle aussi reçu une lourde amende.

LA PEINE DE PRISON COMMUÉE EN PEINE DE SURSIS
Mais l’affaire ne s’est pas terminée là, puisque la défense a fait appel de la décision du tribunal. Cinq jours plus tard, la peine de prison a été commuée en peine de sursis pour les deux accusés. Selon le site Alwihda, une association française aurait récolté des fonds pour payer leurs avocats. Par la suite, l’annonce du sursis a rencontré une importante vague d’hostilité dans la ville d’Abéché où plusieurs groupes religieux ont protesté contre la libération des deux hommes et appellent encore la justice à les punir pour ce qu’ils qualifient d’acte «ignoble et anti-religieux».

Via @berti .