Avec des scènes de sexe d’une durée conséquente, des clitoris apparents et même un pénis en érection (pendant quelques fractions de seconde), La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche aurait pu subir le même sort que L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie et être interdit aux mineur.e.s de moins de 16 ans. Mais la commission de classification du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) en a décidé autrement: le film palmé à Cannes peut être regardé à partir de 12 ans. Un des membres de cette commission donne les motivations de cette décision: les actrices ont assuré qu’elles ont simulé leurs scènes de sexe. De plus, Abdellatif Kechiche n’aurait pas cherché à «exciter le spectateur».

Deux poids, deux mesures? C’est la question que posait le président et fondateur de la Queer Palm, Franck Finance-Madureira dans le numéro d’octobre de Têtu. Dans les avis qu’elle a rendus, la commission de classification estime que le film d’Alain Guiraudie est «consacré à un lieu de rencontres homosexuelles» et présente des «scènes de sexe non simulées», ce qui justifie de l’interdire aux moins de 16 ans. Mais en se bornant à voir dans L’Inconnu du lac un film sur «un lieu de rencontres homosexuelles», la commission n’a-t-elle pas vu que ce qu’elle voulait voir? À lire sur Contrechamp.